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21 Oct 2019 | Pression normative
 

Le député des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert (ex-EELV, aujourd’hui membre du groupe Libertés et territoires / voir Lmdt des 7 juillet, 3 juin et 5 avril 2019) veut faire interdire les cigarettes dont les filtres ne seraient pas « compostables », selon le Journal du Dimanche d’hier

Certes, l’application du principe « pollueur-payeur » à l’industrie du tabac – prévue pour le 1er janvier 2021 – est d’ailleurs inscrite dans le Projet de Loi sur l’Économie circulaire et contre le Gaspillage de Brune Poirson, ministre de la Transition écologique et solidaire. Projet qui devrait être examiné à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année, après être passé au Sénat le mois dernier (voir Lmdt des 23 septembre et 7 juillet 2019).

•• Mais pour le député, le texte de Brune Poirson est encore trop timide : « ça équivaut à donner un permis de polluer.  Les fabricants vont verser une écotaxe, mais elle sera reportée sur le prix du paquet. Ce sera du greenwashing et, au final, la société continuera de financer les dégâts écologiques ».

D’où son idée d’imposer le « mégot recyclable », formulée en une unique et brève proposition d’article de loi : « interdire la commercialisation de toute cigarette utilisant un filtre non compostable à partir du 1er janvier 2022 ».

•• Avec son étonnante proposition, le député entend alerter sur ce qu’il estime être un scandale sanitaire méconnu, poursuit Le Journal du Dimanche (qui ne manque pas de préciser qu’il préside aussi le club des parlementaires amateurs de Havanes).

Autrement dit, relancer l’affaire du « Filtergate », dossier auquel il se réfère explicitement en préambule de sa proposition de loi (…) Mais le temps de la justice semble trop long pour François-Michel Lambert (voir Lmdt des 3 et 14 mai 2018 ainsi que du 9 février 2018).

•• Le député explique avoir lu des études suggérant que, par la faute des filtres, la fumée serait inhalée plus profondément et qu’elle serait plus cancérigène. Alors, il rêve tout haut, rapporte le JDD : « dans quelques années, l’industrie avouera que ce n’était qu’un outil marketing et les fumeurs fumeront sans filtre. »