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13 Juin 2018 | Pression normative
 

« BAT relève le défi de l’impact environnemental des mégots de cigarettes » annonce un communiqué de ce jour que nous reproduisons intégralement (voir Lmdt des 12 mai et 24 avril).

« British American Tobacco (BAT) rencontrera jeudi 14 juin Brune Poirson, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, pour échanger sur la réduction de l’impact environnemental des mégots de cigarettes. La Secrétaire d’État rencontrera ce même jour les autres industriels du secteur.

•• Pour Éric Sensi-Minautier, Directeur Affaires Publiques, Juridiques et de la Communication de BAT Europe de l’Ouest, cette rencontre permettra de proposer à la Secrétaire d’État une collaboration renforcée dans ce domaine : « BAT a l’intention de s’engager fortement sur cette problématique environnementale. L’objectif est que, demain, les Français ne jettent plus leur cigarette dans la rue ou dans la nature. Ensemble, avec l’appui du Gouvernement et des différentes parties prenantes, nous relevons ce défi ! ».

•• BAT présentera à Brune Poirson un plan d’action « viable et efficace qui passe par le triptyque : Éducation, Communication, Sanction » indique Éric Sensi-Minautier.

• Concernant le volet « éducation », BAT souhaite participer au financement d’associations et d’initiatives environnementales, ou encore aider les buralistes à financer et distribuer des cendriers de poche. « Ce sont des mesures déjà̀ en place au sein de pays européens voisins et qui sont efficaces » rappelle Éric Sensi-Minautier.

Sur le volet « communication », BAT demande l’autorisation de la signalétique Triman, aujourd’hui interdite alors que les paquets de cigarettes sont 100 % recyclables. Pour Éric Sensi-Minautier : « les outils de sensibilisation sont déjà̀ en notre possession : 2,2 milliards de paquets sont vendus par le réseau légal chaque année, soit autant de consommateurs que nous pouvons impliquer directement. »

Une partie des droits d’accises collectes par l’État (environ 12 milliards d’euros par an) pourrait permettre la mise en place d’un programme d’éducation sur l’incivilité́ et les déchets sauvages. Une autre option pourrait être de faire évoluer le Fonds de prévention contre le tabagisme en un fonds Santé & Environnement.

• Enfin, BAT attend de l’État la définition d’infractions spécifiques et rigoureusement sanctionnées. « Ce n’est pas aux industriels, aux fumeurs ou aux citoyens de payer, par des taxes ou des impôts supplémentaires, le cout lié au traitement des mégots. Les incivilités commises par une minorité́ ne doivent pas porter préjudice à la majorité́ », juge Éric Sensi-Minautier.

•• Au sujet de la mise en place d’une Responsabilité́ Élargie du Producteur (REP) qui prévoit notamment le recyclage des mégots – comme l’avait évoqué́ le Premier ministre Édouard Philippe –, Éric Sensi-Minautier n’y est pas favorable et souhaite alerter sur le fait « qu’il s’agit d’envoyer le bon message : la mise en place d’une REP viendrait à l’encontre du principe « pollueur-payeur » en déresponsabilisant les consommateurs inciviques, sans régler le problème à sa source. La REP est une mauvaise réponse à une bonne question. En effet, tout l’enjeu est d’identifier comment l’on parvient à lutter contre cette pollution et non de savoir qui va payer pour les incivilités d’une minorité. »