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5 Mai 2019 | Profession
 

Quand une carte bleue ne marchait pas, ils en dégainaient une autre de leurs poches, puis une autre et si besoin une quatrième … jusqu’à ce que la carte passe et permette de se procurer des paquets de cigarettes ou des jeux. 

Alors, forcément, ces tours de passe-passe ont fini par interpeller les buralistes marseillais chez lesquels ils revenaient, très régulièrement, avec un seul objectif : acheter le plus de paquets de cigarettes et de tickets de paris sportifs possibles.

•• C’est au mois de janvier dernier que les enquêteurs du groupe « délinquance astucieuse » de la Sûreté départementale (SD) se sont mis sur leur piste.

Et finalement, ce lundi 29 avril, les policiers ont lancé un coup de filet, en flagrant délit, au sortir d’un buraliste du 2ème arrondissement. Les escrocs avaient des paris sportifs plein les poches.

•• Il aura fallu aux policiers enchaîner les auditions, recouper les signalements physiques, disséquer des heures d’images de vidéosurveillance et planquer plusieurs fois pour tout comprendre du petit manège de cette bande de cinq spécialistes qui, évidemment, prenaient grand soin de ne pas sévir toujours dans les mêmes établissements de Marseille.

•• « Les cartes bleues, visiblement volées aux quatre coins de l’Europe, notamment en Pologne, au Portugal ou en Roumanie, étaient réencodées soit par leurs soins soit par leurs fournisseurs », explique, dans La Provence (édition 3 mai), le commissaire divisionnaire Marjorie Ghizoli, patronne de la SD. « Eux, leur job était d’acheter en masse, grâce à ces cartes fournies avec de nouveaux codes mais aussi grâce au système de paiement sans contact. L’un d’eux nous a confié qu’il touchait 10 euros par cartouche achetée avec ces cartes. »

La bande aurait ainsi agi une centaine de fois, répartis entre de nombreux buralistes marseillais, pour des achats avoisinant au total les 70 000 euros.

•• Les cinq escrocs, âgés d’une trentaine d’années et déjà connus pour ce type de délinquance, ont été mis en examen et écroués. L’enquête, elle, continue sous commission rogatoire d’un juge d’instruction afin de « remonter » la filière de ce business huilé et lucratif.