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25 Oct 2017 | Trafic
 

« Elles arrivent de partout ». Titre plutôt anxiogène pour cette enquête du Progrès, publiée dans l’édition du 24 octobre, sur les cigarettes de contrebande dans l’agglomération lyonnaise.

•• Si le marché parallèle est estimé à 27 % en France, l’agglomération lyonnaise se situe dans le haut du classement : 35,6 % en 2016, contre 32 % en 2015. Ce qui place Lyon devant Marseille (33 %), Paris (28 %), Toulouse (34 %) ou encore Montpellier (27 %). « C’est un phénomène récent et inquiétant de retrouver un tel niveau dans une ville comme Lyon, plus éloignée des frontières » commente un représentant de Philip Morris.

•• La lutte contre ce marché reste d’autant plus difficile que « les produits sont introduits en petites quantités de façon très régulière par des mules rompues à l’exercice, copiant les procédés utilisés dans le trafic de stupéfiants », poursuit cet interlocuteur.

« C’est beaucoup moins risqué que le cannabis et cela va être de plus en plus rémunérateur si le différentiel de prix, entre le France et ses voisins, augmente encore » ajoute un policier, connaisseur du marché lyonnais.

•• Exemples de ce marché très florissant à travers des extraits de quelques affaires examinées devant la justice lyonnaise, comme :
• ces étudiants qui allaient une fois par mois en Belgique pour alimenter les besoins de plusieurs résidences universitaires ;
• la perquisition menée dans un commerce au printemps dernier qui en dit beaucoup (photo) ;
•  ce couple qui avait commencé à se rendre au Luxembourg pour ses propres besoins avant de revendre aux amis, aux voisins puis aux amis des voisins. Bilan : une tonne et demie de tabac achetée et revendue en moins de deux ans ; avec près de 2 000 euros de bénéfices mensuels.

•• « Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes ont diminué de 1,4 % en volume dans le réseau local des buralistes, ce qui est un peu au-dessus de la tendance nationale. Alors que dans le même temps, le marché parallèle continue de progresser » estime Joëlle Ferré (présidente de la chambre syndicale des buralistes du Rhône). « Si le paquet à 10 euros aboutit d’ici 2020, nous estimons que cette proportion passera à 2/3 (…) Il faudrait que la douane dispose de moyens bien plus importants pour contrôler ».

•• La lutte contre le marché parallèle, c’est un des trois volets du Protocole signé entre la région Auvergne-Rhône-Alpes et les trois fédérations de buralistes de son ressort (voir Lmdt du 3 juillet). Selon Le Progrès, des mesures concrètes sont attendues début 2018. Et, parmi les premières pistes étudiées : le contrôle de ces bus touristiques assurant des navettes vers des villes étrangères aux prix du tabac attractif.