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18 Fév 2021 | L'essentiel, Trafic
 

C’est l’un des effets collatéraux de la crise sanitaire : les réseaux sociaux permettent de vendre et de s’approvisionner en tabac illégal sans se déplacer … rapporte la journaliste du Figaro, Karen Lentschner, dans un second volet de son article sur le marché du tabac (voir 17 février) que nous reprenons ci-dessous. 

« Les sites internet et les places de marché étaient facilement repérés » explique Didier Douilly, un ancien gendarme spécialisé dans la cybercriminalité, qui conseille plusieurs cigarettiers. « Par ailleurs, à moins d’être bien référencé, cela devenait compliqué et coûteux pour les vendeurs de toucher un public assez large. Ils ont donc basculé vers les réseaux sociaux, avec une accélération de ce phénomène l’an passé. »

•• La hausse des prix ces deux dernières années y a aussi contribué. « À chaque augmentation de 50 centimes du prix du paquet, on constate 50 à 120 vendeurs supplémentaires » note l’expert.

Les vendeurs se sont invités en particulier sur Facebook et sur Snap, plus prisé des jeunes. Ils s’infiltrent dans des groupes d’amis ayant souvent pour thématique les bonnes affaires ou le troc, certains pouvant rassemblent jusqu’à 50 000 membres. « En l’espace de quelques clics, si leur message est transféré ou s’ils s’inscrivent dans plusieurs groupes, ils peuvent atteindre rapidement 2 millions de personnes » relève Didier Douilly.

L’utilisation de «stories» sur Snap, éphémères, leur permet de passer encore plus inaperçus. Ils y mettent souvent en avant leurs lieux de tournées. Depuis quatre mois, la place de marché de Facebook est également devenue un canal de vente.

•• Au total, ces deux réseaux compteraient quelque 1 200 comptes dédiés à la vente de cigarettes illégales, issues de la contrebande et surtout de la contrefaçon. Les volumes proposés sont de plus en plus importants, rarement moins d’une ou deux cartouches. Ce qui leur permet d’offrir de meilleurs prix (autour de 30 euros l’unité).

Promotions, livraisons à domicile, points de retrait … Les trafiquants utilisent les recettes de la distribution classique. Ils se sont même mis au Black Friday.

Si l’offre se fait via les réseaux sociaux, la transaction, elle, a lieu « en physique ». « L’étendue du web nécessite la coopération des forces de police et de la Douane mais beaucoup passent entre les mailles du filet » constate Didier Douilly.