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10 Avr 2018 | Profession
 

« Pour nous, c’est un peu la double peine en ce moment », soupire Julien, buraliste à Chantepie (Ille-et-Vilaine), en montrant la rue longeant son commerce … en travaux depuis plusieurs semaines. « Ça joue sur l’activité, mais le prix du tabac pèse davantage » confie-t-il dans Ouest France (édition du 7 avril).

•• « Le tabac a un effet d’entraînement sur les autres activités. Les gens en profitent pour prendre un café, acheter un journal, faire un jeu de grattage … »

Mais les ventes s’érodent. « En mars, on a vendu 15 à 20 % de paquets en moins. »

Et de constater une diminution du nombre de fumeurs. « C’est dû à un ensemble de choses : les campagnes anti-tabac, le prix … Une hausse brutale peut être le déclencheur d’une décision longuement mûrie. On ne peut que s’en réjouir. On est bien conscient de la dangerosité du tabac. »

•• Reste qu’il faut faire vivre le commerce et ses cinq collaborateurs. Julien s’inquiète pour son résultat en fin d’année et pour « la valeur du fonds de commerce ».

« Si le plan de santé publique se doit d’être efficace, il ne faut pas que ce soit au détriment des buralistes et de leurs 83 000 salariés », souligne Philippe Coy, joint par le journaliste.

L’accord signé en février avec l’État « compensera, en partie, les pertes de chiffres d’affaires supérieures à 15 % sur le tabac. Cela doit nous permettre de préparer notre diversification, en direction des produits de vapotage, du compte bancaire Nickel, etc. »

•• Dans son bar-tabac de Chantepie, Julien est un brin sceptique : « la diversification ? Ça fait des années qu’on la pratique. On propose la cigarette électronique, le relais colis, le Compte Nickel … Mais de là à ce que ça compense le repli du tabac … ».