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3 Mai 2019 | Profession
 

Scène étonnante le 1er mai à Paris, à proximité du quartier Montparnasse, dont les images ont été relayées par différents médias et circulent sur les réseaux sociaux.

Mais voici dans quelle situation peuvent se retrouver des buralistes situés sur le parcours des actuelles manifestations. 

En fait, un moment précis de la manifestation a été filmé devant le 88 boulevard de Montparnasse, au moment où le cortège de la CGT passe devant l’église Notre-Dame-des-Champs.

Dans cette scène, on peut voir des manifestants se rassembler dans le bar-tabac, le Café Brazza. Ils sont visiblement une petite dizaine. Face à eux, des policiers équipés de casques, de matraques et vêtus d’une tenue de protection (lien).

•• Un des policiers repousse un manifestant en lui disant « Casse toi ! » C’est alors qu’on entend : « Toi aussi casse-toi. Sac à merde ! » adressé contre ce policier. Piqué au vif, ce dernier se rapproche d’un homme, debout contre la devanture du commerce et lui assène deux violentes gifles.

Tous les témoins de la scène se mettent à hurler, un sentiment de confusion totale règne alors.

Visiblement sonné, l’homme giflé ne bouge pas alors que la grille du Café Brazza se referme. Plusieurs personnes, dont une dame âgée, tentent de le faire entrer à l’intérieur. Pendant que la grille continue de descendre, les policiers empêchent alors les manifestants d’entrer.

Un policier, qui porte un insigne de commissaire, explique alors à un manifestant qui l’interpelle, « ce sont des casseurs, ce sont des casseurs. Ils n’ont pas le droit de rentrer là. » Ce à quoi il lui est répliqué : « Vos collègues donnent des patates sur les manifestants. Il y a des petits vieux, ils leurs donnent des patates. »

Puis, à la fin de la vidéo on peut voir la grille du bar-tabac se refermer complètement pendant que des policiers demandent de sortir « du périmètre ».

•• On entend alors le vidéaste dire : « Ils les ont enfermés ! Ils les ont enfermés ! ».

Fait contesté par un photographe qui couvrait les manifestations du 1er mai pour Libération, selon lequel la grille a été baissée par les personnes à l’intérieur du commerce. Il précise également qu’il n’y avait aucun black-bloc parmi eux.

•• Contacté par les équipes de LCI, la préfecture de police de Paris confirme que l’Inspection générale de la Police nationale a été saisie à la demande du préfet, Didier Lallement.

Toujours sur LCI, Jean Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des Cadres de la Sécurite intérieure (CFDT), a reconnu que le comportement des policiers était « inapproprié ». Il a cependant tenu à mettre ça « sur le dos de la fatigue ».