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9 Mai 2018 | International
 

Le directeur de l’Organisation internationale du travail (OIT) espère qu’une décision sera prise en novembre sur la poursuite ou non de la coopération controversée de cette agence de l’ONU avec l’industrie du tabac (voir Lmdt des 30 octobre et 11 novembre 2017), malgré des discussions « difficiles », a-t-il déclaré mardi.

« Nous reviendrons sur cette question lorsque notre conseil d’administration se réunira en novembre prochain, et j’espère que nous pourrons arriver à un accord à ce moment-là », a expliqué Guy Ryder, dans un entretien à l’AFP.

•• « La discussion est difficile », car « nous avons, je ne pense pas que cela soit un secret, une opinion divisée au sein du conseil d’administration », qui a pour habitude de prendre les décisions par consensus, a-t-il dit.

•• L’OIT est une agence tripartite de l’ONU, réunissant des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de 187 États membres. Au sein de son Conseil d’administration, les gouvernements ont deux fois plus de sièges que les deux autres catégories.

•• M. Ryder a expliqué que « le groupe des employeurs considère qu’il est légitime et approprié de continuer à recevoir un soutien financier de l’industrie du tabac », alors que le groupe des employés sont « plus hésitants à ce sujet », tandis que « les gouvernements sont divisés ».

« Il y a un groupe de gouvernements qui estiment que nous devrions couper les liens financiers avec l’industrie (du tabac, ndlr), mais il y en a qui pensent le contraire, parmi lesquels certains pays africains et en particulier, comme on pourrait s’y attendre, les producteurs de tabac », a-t-il détaillé.

•• Jusqu’à présent, l’OIT avait défendu ses liens avec les producteurs de tabac en affirmant que le soutien financier de cette industrie avait permis d’aider à l’amélioration des conditions de travail dans cette branche.

•• Depuis 2002, l’agence a reçu plus de 15 millions de dollars de la société Japan Tobacco International et de groupes liés à quelques-uns des plus grands fabricants de tabac pour « des partenariats de bienfaisance » destinés à réduire le travail des enfants dans les champs de tabac.

Mais plus de 150 organisations dans le monde ont demandé en octobre 2017 à l’OIT de couper ses relations avec le secteur.

•• « La question est de savoir si l’OIT doit ou non recevoir des fonds de l’industrie du tabac pour mener des activités (…) combattant le travail des enfants dans le secteur du tabac, ce qui est un problème majeur, examinant les questions de santé et sécurité » dans cette industrie, a souligné M. Ryder.

Lors d’une première réunion, qui s’est tenue en novembre dernier à Genève, l’OIT avait décidé de reporter sa décision très attendue par les ONG au mois de mars. Mais lors de cette deuxième réunion, le Conseil n’avait finalement pas pris de décision non plus en raison d’une « grève » du personnel de l’OIT qui avait paralysé les débats, rappelle l’AFP.