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27 Jan 2020 | Observatoire
 

Alors que le prix du paquet de cigarettes ne cesse d’augmenter, l’alcool connaît une situation plus favorable … Slate.fr cherché à comprendre cette différence de traitement alors que le « Dry January » n’a pas été validé par le ministère de la Santé (voir 30 décembre 2019) … Extraits.

« On met de véritables taxes sur le tabac, mais pas sur l’alcool parce que cette industrie est très puissante en France. Le lobby pèse lourd et nous n’avons jamais vraiment réussi à le contrer » constate Amine Benyamina (président de la Fédération française d’Addictologie / FFA).

•• « Cette puissance est fortement représentée à l’Assemblée nationale. Sur les 577 parlementaires, une majorité est issue de régions viticoles, elle doit défendre ses intérêts locaux ». Du pain béni pour les lobbyistes, surtout lorsqu’ils peuvent trouver un appui fidèle au sein des députés. Ainsi, l’Association nationale des Élus de la Vigne et du Vin (Anev) regroupe différents élus de l’Assemblée et du Sénat et des maires du pays.

•• Un mélange des genres qui interpelle Alain Rigaud, ancien président de l’Association nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (Anpaa) : « on parle beaucoup de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique en ce moment (affaire Delevoye, ndlr), mais le rôle de cette autorité consiste également à encadrer les lobbys. Or, avec cette association (l’Anev), vous avez des élus qui se font le relais des lobbys viticoles, en étant au pouvoir grâce à des électeurs liés à la viticulture car très présente dans leur territoire et ce sont eux qui font la loi. Tout ça, sans être identifiés comme lobby. »

•• « L’État est extrêmement tolérant concernant les boissons alcoolisées, en particulier pour le vin qui fait l’objet d’un privilège fiscal incomparable » poursuit Alain Rigaud, « les spiritueux 63  fois plus taxés et les bières 15,fois plus. Le vin fait l’objet d’un privilège fiscal. »

En 2018, la France a produit 4,6 milliards de litres de vin soit 17 % de la production mondiale. C’est le deuxième producteur mondial de vin derrière l’Italie. Au total, cela représente 12,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export sur l’année.