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26 Août 2020 | Trafic
 

Depuis le 1er août, les Français ne peuvent plus ramener qu’une cartouche de cigarettes de l’étranger au lieu de quatre (voir 31 et 14 juillet).

Pas toujours suffisant pour décourager ceux qui traversent la frontière … comme au Perthus : c’est du moins la conclusion du Parisien / Aujourd’hui en France qui y consacre une pleine page ce 26 août. Même si cela commence à provoquer des réactions côté espagnol (extraits). 

À quelques mètres seulement du péage où les policiers français contrôlent les voitures, une bande de jeunes tout sourire sort du tabac : « on est venu faire nos achats ici le temps que notre location au Boulou se libère », explique l’un d’eux originaire du Var. Avec deux cartouches et un sachet de 300 grammes de tabac dans le sac pour tout le monde, ils respectent la nouvelle législation.

« Ce n’est vraiment pas beaucoup une cartouche, alors on fera plusieurs allers- retours », lâche un autre.

•• Résidant à quinze minutes du village frontalier, une femme a prévu venir plus souvent au Perthus : « c’est vraiment un gain d’argent. Pendant le confinement (et la fermeture des frontières), je dépensais 200 euros par mois pour le tabac contre 100 euros normalement ». À la fin de l’année, ça fait un budget ! ». Habitant à trente minutes du Perthus où il s’y rend tous les deux ou trois mois, un fumeur ne compte pas se plier à la nouvelle législation : « le 1er août, j’ai acheté 4 cartouches. Les contrôles ne me font pas peur, ils sont très rares là-bas, donc je ne vais pas changer mes habitudes. »

•• Pourtant, poursuit l’article, la Douane française assure être régulièrement présente au point frontière du Perthus, mais explique ne pas faire de contrôle systématique des véhicules. « On ne vérifie pas coffre après coffre. Le cœur de notre métier, c’est de lutter contre les trafics de tabac aux mains de réseaux organisés » souligne Patrice Jimenez, chef du pôle orientation des contrôles de la Douane de la direction régionale de Perpignan, « on compte beaucoup sur l’autodiscipline des gens. »

•• Côté espagnol, malgré la nouvelle législation, le responsable de la Cava de Cigars n’est pas inquiet : « les Français achètent un peu moins mais continuent toujours à venir ».

« On a plus de monde qu’à La Jonquera », renchérit une des vendeuses « car beaucoup ont peur de se retrouver bloqués de l’autre côté de la frontière à cause de la crise sanitaire ». À quelques minutes, La Jonquera est en effet moins bondée. À l’entrée de la ville, le « tabac Bar13 Vents » est vide : « c’est une catastrophe ! Avec le virus et la nouvelle loi française, on a perdu plus de 50 % de notre clientèle », s’emporte le gérant.