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4 Juil 2019 | Trafic
 

Les saisies de tabac par les services douaniers ont atteint près de 200 tonnes au premier semestre, un chiffre en hausse de 142 % par rapport à celui du premier semestre 2018, a annoncé ce jeudi 4 juillet le ministère des Comptes publics, annonce une dépêche AFP (voir Lmdt de ce jour).

Au total, 197 tonnes de tabac ont été saisis au 30 juin 2019, contre 83 tonnes à la même date l’an dernier, a indiqué Bercy lors d’un bilan à mi-année du plan national de mobilisation douanier contre les trafics de tabacs et de cigarettes.

•• « 200 tonnes de tabac », c’est « l’équivalent de sept terrains de football où vous mettriez des paquets de cigarettes les uns après les autres », a précisé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, interrogé sur RTL. Selon le ministère, cette forte hausse des saisies s’explique par le renforcement des missions douanières consacrées à la lutte contre la contrebande de tabac, qui ont augmenté de 56 % en un an.

« Depuis le début de l’année, c’est l’équivalent de près de 10 millions de paquets de cigarettes qui ont été sortis des circuits clandestins », précise Bercy, qui ajoute que les quantités saisies sur les zones frontalières ont progressé de 86 %.

•• « Ce trafic de tabac, à la fois le trafic de frontières, le trafic par la Poste, par DHL ou Internet, ou la contrefaçon du tabac (…) c’est du vol fiscal », a insisté M. Darmanin, qui s’est rendu jeudi à l’aéroport de Roissy pour rencontrer des douaniers sur ce sujet.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le trafic de tabac entraîne des « pertes de revenus conséquentes » pour les États. En France, le manque à gagner fiscal est parfois estimé à trois milliards d’euros.

•• Pour le cigarettier British American Tobacco (BAT), la hausse des saisies de tabac illicite annoncée par le gouvernement « est le reflet d’achats hors réseau des buralistes » actuellement « en plein essor ».

Elle est « le résultat de la politique de choc de prix initiée en 2018 par le gouvernement, visant à porter progressivement le paquet de cigarettes à 10 euros d’ici à 2020 », a estimé dans un communiqué Éric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de BAT.

« Les achats transfrontaliers et la contrebande continueront à croître inéluctablement tant que la France poursuivra une politique fiscale déconnectée de celle de ses voisins », a-t-il ajouté.

•• Selon des sources du secteur, ce trafic serait composé à 98 % ou 99 % de cigarettes fabriquées dans les usines des cigarettiers. Selon l’OMS, la Chine, le Paraguay, la Russie, les Émirats arabes unis, l’Ukraine ou le Bélarus sont les principaux pourvoyeurs de cigarettes illicites.

•• Pour mieux lutter contre ces trafics, les paquets de cigarettes français sont dotés depuis la mi-mai d’un étiquetage unique destiné à assurer leur traçabilité, en application d’une directive européenne de 2014 (voir Lmdt du 1er juillet). Cet identifiant doit permettre d’assurer une réelle traçabilité du paquet, depuis son lieu de production ou d’importation jusqu’à son point de vente au détail, tandis que la vignette sécurisée garantira l’authenticité du produit.

Selon un cigarettier interrogé par l’AFP, ces paquets n’arriveront sur le marché que dans les prochaines semaines.