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1 Mar 2018 | Trafic
 

À la veille de l’augmentation du prix du tabac (voir Lmdt de ce jour), La Dépêche du Midi a été faire un tour dans les hauts lieux de la revente illégale de tabac, à Toulouse. 

•• Sortie du métro de Bellefontaine à 10h30. « C’est jour de marché et malgré la neige, quelques commerçants ont bravé le froid pour s’installer au bout de la rue de Jérusalem. Comme tous les jours, et malgré le mauvais temps, des vendeurs de cigarettes se tiennent à disposition des passants. Au café, en face du métro, un jeune homme propose à la vente des paquets de Marlboro ou de Philip Morris à 5 euros, en provenance du Pas-de-la-Case (Andorre). Pas très discret, il les transporte avec lui dans un simple sac plastique.

« Un peu plus loin, deux hommes discutent en attendant le client. Ils tiennent, serrés contre eux et à l’intérieur de leur blouson, des cartouches entières de cigarettes, pour vendre les paquets au détail, là aussi au prix de 5 euros. La conversation est difficile, ils ne parlent pas très bien français et nous ne saurons pas avec certitude d’où viennent ces cigarettes, même si Andorre et l’Algérie restent les sources majeures de ce type de trafic (…) »

•• Arnaud-Bernard, 14 h 30. « Il n’y a pas foule du côté des clients, mais les vendeurs n’ont pas perdu leurs bonnes habitudes. Chacun son poste, par groupe de trois quatre personnes, ils se postent aux quatre coins de la place et d’autres, sont dispersés dans les rues adjacentes. « Cigarettes ? », « Paquets ? », « Besoin de quelque chose ? » C’est rapide et facile (…)  Ni la présence de deux camions de CRS, postés juste avant l’entrée du parking Arnaud Bernard, ni les caméras de vidéo-protection installées de part et d’autre, empêchent leur petit trafic.

« C’est du grand n’importe quoi. Encore une fois, le nombre de fumeurs ne va pas diminuer, mais le marché noir, lui, va prendre de l’ampleur », explique une buraliste du quartier, située non loin des lieux de transactions. 

Une contrebande qui vient concurrencer ses ventes ? « Non. Je pars du principe qu’on est en concurrence lorsqu’on vend les mêmes produits. Or, là, les dealers de tabac viennent acheter leur consommation personnelle dans mon établissement. Ils ne fument pas ce qu’ils vendent …hein ? Ça veut tout dire… », ajoute cette commerçante qui admet qu’aujourd’hui, « tout le monde cherche à acheter des choses moins chères. Mais à quel prix … ? On parle de santé publique, c’est bien, mais on encourage les gens à fumer des choses encore plus mauvaises ».