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23 Nov 2019 | Profession
 

Marcello Orengo est en passe de devenir une « vedette » de la vente transfrontalière, ayant déjà apparu dans un reportage de France 3, à la veille de la hausse du 1er novembre (voir 31 octobre).

Le buraliste italien (tabaccai) du petit village de Latte, juste après Menton, a droit à un grand portrait de Nice Matin, sous le titre : « Vive la France !… Comment Marcello, vendeur de cigarettes à la frontière italienne, a fait fortune grâce aux fumeurs de la Côte d’Azur »

•• « Le propriétaire du magasin « Conad », 76 ans, bénit la France tous les matins. Malicieux, il esquive la question sur la colossale fortune qu’il s’est bâtie sur les augmentations successives du tabac en France. Car Marcello le sait, il doit tout à la politique hexagonale anti-tabac ».

Ses parents ont créé le bureau de tabac où il est né – au premier étage – en 1928. Le septuagénaire n’a pas oublié qu’il a failli fermer boutique. « En 2000, il ne restait dans le village que deux magasins de vente de tabac sur six » se souvient-il. « Tout le monde allait acheter les cigarettes à Menton. Quand la politique de tarifs a changé en France, ça a marché d’un coup. »

•• L’hiver, près de 99 % de ses clients sont français ! Il doit tellement tout à notre pays qu’il affirme même que les quatorze véhicules de sa famille, gendres compris, sont de fabrication française.

Les affaires sont siflorissantes que Marcello possède aujourd’hui une bonne partie du village de Latte. Il emploie maintenant 200 personnes. Il a racheté le bureau de tabac situé juste à la frontière, au pont Saint-Ludovic, il y a quinze ans.

•• Aujourd’hui, le « Conad » de Latte est devenu une moyenne surface plutôt foutraque, où se vendent des passoires, des fleurs, de l’alimentaire, des pâtes fraîches, de la charcuterie, du fromage, du poisson, des panettone à profusion, de l’alcool, beaucoup d’alcool, et encore plus de tabac. Ici, clients, caissières, tout le monde ou presque parle français.

« Les gens viennent chez moi acheter le tabac, mais aussi parce que la grande majorité des produits sont moins chers que chez vous, c’est comme ça » sourit Marcello. « Nous, Italiens, on vient en France pour les lunettes, les produits de pharmacie. C’est ça l’Europe. »

•• Au-dessus du comptoir derrière lequel s’entassent des centaines de cartons de cigarettes, trône un panneau lumineux rouge. Il affiche sans complexe les économies que les clients réalisent en Italie par rapport à la France : entre 33 et 36 euros par cartouche. Chaque citoyen ayant le droit, légalement, de ramener quatre cartouches par personne, l’économie est donc d’environ 136 euros.

Marcello affirme que les clients qui viennent chez lui n’achètent jamais des cartons entiers de cigarettes. « Ils prennent deux paquets, trois paquets, une à deux cartouches. Évidemment, ceux qui viennent de plus loin, comme Lyon, prennent plus de cartouches. À trois, des clients peuvent en acheter douze. »

Marcello regarde d’un air gourmand vers 2020 … « Vive la France ! » sourit-il.