Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
26 Fév 2014 | Trafic
 

E-Cig vapoteur« La cigarette électronique fait reculer le tabagisme » : c’est ce que titre Les Échos, ce matin, dans un article et un éditorial d’Étienne Lefebvre. Le quotidien s’appuie pour cela sur la dernière enquête de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) que nous vous avons présentée ces derniers jours (voir Lemondedutabac des 13, 18, 21 et 24 février). 

Logo Les EchosSauf que … si Les Échos établit – ce qui jusqu’à maintenant n’a échappé à personne ! – un rapport entre le recul du marché des cigarettes et l’explosion de celui de la cigarette électronique, il est bien incapable d’expliquer ce qui se passe vraiment et donc d’étayer son propre titre.
Et pour cause, l’enquête de l’OFDT n’explique rien non plus.

Si … et nous l’avons signalé (voir Lemondedutabac du 18 février), l’OFDT fait ressortir que les deux tiers des fumeurs de la cigarette électronique « combinent » : c’est-à-dire qu’ils sont consommateurs à la fois de cigarettes conventionnelles et de e-cig. Et par ailleurs, l’enquête (et Les Échos) rapportent  que 1% des personnes interrogées « déclare avoir arrêté grâce à la cigarette électronique ». On est loin de la promesse du titre.

Plus choquant. Les Échos reprend comme du bon pain le commentaire de l’Observatoire suggérant  que le marché parallèle n’a pas augmenté significativement ces dernières années. Nous avons déjà souligné en quoi cette conclusion (qui heurte le bon sens) pouvait être soumise à caution (voir Lemondedutabac du 21 février) : comparaison entre deux enquêtes à la méthodologie et l’échantillon différents ; non-évaluation de l’évolution des quantités achetées à l’étranger.

Enfin, Les Échos revient sur le flou et les ambiguïtés de la situation française avec sa réglementation sur l’e-cig en devenir et en incertitude. Ce que ne va pas régler le texte de la Directive Tabac, votée en séance plénière par le Parlement européen aujourd’hui même. Tout en regrettant (sous la signature d’Étienne Lefebvre) qu’aucune nouvelle grande mesure anti-tabagique ne soit envisagée.

Ce qui est singulièrement « passer à côté du sujet ». Le succès populaire de la cigarette électronique annonce, avant tout, une évolution profonde de l’acte  de fumer, en lui-même. Avec la recherche de produits à moindre nocivité.

On y reviendra. Les Échos aussi.