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29 Oct 2017 | Profession
 

On sait que Les Échos soutient généralement, sans réserve, les politiques anti-tabac des gouvernements dans ses éditoriaux.

Il avait ainsi pris officiellement position pour le paquet neutre (voir Lmdt du 22 mai 2016), malgré l’entrave aux droits des marques représentée par cette mesure.

Il en va de même avec le choc fiscal pour le marché du tabac que fait adopter le Gouvernement au Parlement, en ce moment même (voir Lmdt du 27 octobre 2017). Et c’est justement dans son édition de vendredi – où parait aussi un article d’analyse sur cette mesure (voir Lmdt du 28 octobre 2017) – que Les Échos se prononce dans un éditorial de Dominique Seux (directeur délégué de la rédaction/photo), titré « Tabac : toujours plus loin ».

•• A priori sans surprise (extraits).

« La hausse du prix du tabac, qui mènera le paquet de cigarettes aux alentours de 10 euros en 2020, est une excellente décision (…) Ainsi, Emmanuel Macron deviendra le troisième président à prendre une mesure forte sur ce sujet : avant lui, Jacques Chirac avait décrété l’interdiction de fumer dans les lieux publics ; tandis que François Hollande a mis en place le paquet neutre – au succès néanmoins mitigé (…) La bonne nouvelle est que les Français approuvent dans l’ensemble (à 52 %, contre 46 %) ces relèvements des prix, parce qu’ils vont « dans le sens de l’histoire ». L’argument spécieux de la préservation du pouvoir d’achat des moins aisés – censés être davantage fumeurs – n’est pour une fois pas brandi par les oppositions de tous poils et, disons-le aussi, par les médias. Tant mieux.

•• Mais la surprise provient du fait que l’éditorialiste continue son propos en remettant en cause un principe auquel son quotidien est attaché par ailleurs, pour des raisons évidentes : la libre circulation des biens et marchandises au sein de la Communauté européenne. Argument fréquemment opposé aux buralistes frontaliers réclamant des entraves à la circulation du tabac. Mais reprenons la suite de l’éditorial :

« La mauvaise nouvelle est que seule une partie du chemin sera faite tant que la dimension européenne ne sera prise en compte. La contrebande (notamment par Internet) et l’achat de cigarettes dans les pays frontaliers sont devenus considérables en quelques années, au point de ridiculiser l’autorité publique.

« À partir de là, deux solutions sont théoriquement possibles. Un : harmoniser les prix dans l’Union. C’est le plus séduisant, mais à quel niveau ? La France est, hélas, un des pays ou le tabagisme des jeunes diminue le moins et nos voisins ne voient pas l’intérêt d’aligner leurs prix sur les nôtres.

« Deux : réduire autant que faire se peut la circulation du tabac. Depuis 2016, chaque personne peut ramener d’un pays de l’Union européenne quatre cartouches pour sa consommation personnelle. Ce volume peut encore être réduit. Avec des contrôles renforcés, les frontières constituent autant de fuites dans la politique de santé qu’il faut colmater. »