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19 Nov 2018 | Profession
 

Les restrictions sur l’e-cigarette et la prochaine interdiction du menthol aux États-Unis (voir Lmdt des 16 et 15 novembre) annoncent de nouvelles difficultés pour l’industrie du tabac, analyse Marie-Josée Cougard dans Les Échos de ce jour. D’autant que ces derniers mois, les grands cigarettiers ont vu leur capitalisation boursière chuter. Extraits. 

•• La limitation de la vente d’e-cigarettes aux magasins spécialisés et l’interdiction du menthol dans le tabac aux États-Unis portent « deux coups durs » à l’industrie du tabac.

Les fabricants avaient largement investi les réseaux sociaux sur la cigarette électronique. Mais la progression de l’usage de l’e-cigarette chez les collégiens américains – + 78 % entre les printemps 2017 et le printemps 2018 – a alerté la FDA.

Quant au menthol, il représente un tiers des cigarettes vendues sur le marché américain. « Pour un groupe comme BAT, l’impact risque d’être considérable … il a beaucoup misé sur le menthol et s’est encore renforcé dans ce domaine en prenant le contrôle à 100 % de JR Reynolds » précise le quotidien.

•• Même si les fabricants ont, aux États-Unis, un « répit de deux ans » avant l’entrée en vigueur de l’interdiction du menthol et contre laquelle ils ont annoncé un recours, ces nouvelles réglementations ne vont pas améliorer les perspectives de la capitalisation boursière des groupes, poursuit Marie-Josée Cougard.

Philip Morris a vu sa valorisation en Bourse reculer de 58 milliards de dollars à 134 milliards, depuis juin 2017. Le titre a chuté de 16 % en avril, lorsque le groupe a dévoilé le ralentissement des ventes au Japon de Iqos. « Cela a été perçu comme un très mauvais signe par les investisseurs. L’e-cigarette est en effet la seule alternative à une dégradation irrémédiable de la consommation de tabac classique, attaquée par toutes les autorités de santé ».

En Bourse, la capitalisation de BAT est passée de 122 milliards de livres en juillet 2017 à 63 milliards aujourd’hui. Dans ce cas précis, c’est la perspective de l’interdiction du menthol par la FDA qui a notamment joué.

Moins chahuté, Imperial Brands n’a perdu « que » 16 % en Bourse depuis le 1er janvier.

Japan Tobacco International qui a réalisé deux acquisitions majeures de fabricants de cigarettes en Russie et au Bangladesh cette année, a vu sa capitalisation reculer de 72 milliards de dollars à 50 milliards, en trois ans.