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7 Nov 2017 | E-cigarette
 

Si les autorités de santé britannique pensent que la cigarette électronique peut aider à décrocher … L’administration française n’a, manifestement, pas encore franchi le pas. Comme en témoigne cette communication de Santé Publique France. 

Selon une enquête de Santé publique France, publiée ce mardi 7 novembre, l’e-cigarette permet aux fumeurs de réduire fortement leur consommation de tabac et les pousse plus que les autres à tenter un sevrage définitif. Mais … quand il s’agit d’arrêter définitivement le tabac, elle n’offre pas un avantage significatif. Cette nuance sur le « définitivement » n’est pas exempte d’ambiguïté, mais c’est un mauvais coup contre la cigarette électronique en plein « Moi(s) sans tabac ».

•• L’agence a donc mené sa propre étude, un sondage portant sur 2 000 personnes, dont principalement des fumeurs exclusifs et 250 « vapo-fumeurs » (fumeurs utilisant régulièrement l’e-cigarette). Les répondants ont été interrogés à six mois d’intervalle en 2014-2015. À l’époque, 6 % des Français vapotaient, dont 3 % tous les jours.

•• Les résultats montrent que ceux qui fument et vapotent en même temps ont été plus nombreux à diminuer de moitié leur consommation quotidienne de cigarettes par rapport aux fumeurs exclusifs de tabac (respectivement 26 % contre 11 %).

•• Un écart similaire apparaît entre les deux catégories quand il s’agit de mesurer la tentative de s’arrêter au moins sept jours. Ainsi, 23 % des vapo-fumeurs ont arrêté de fumer une semaine ou plus, contre 11 % des fumeurs classiques. Mais quand il s’agit d’arrêter définitivement la cigarette, les vapo-fumeurs font à peine mieux que les fumeurs classiques (12% contre 9%), rien de très significatif. « L’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat » souligne pudiquement l’étude pilotée par Anne Pasquereau.

•• Ces résultats ne vont pas sans soulever des interrogations, note du coup l’article de Santé publique France. « Bien que la réduction de la consommation de tabac puisse diminuer les risques pour la santé qui y sont associés, fumer ne serait-ce que quelques cigarettes par jour maintient ces risques à un niveau très élevé », rappellent ainsi les auteurs de l’étude.

Or, plutôt que d’essayer d’arrêter de fumer définitivement, certains vapo-fumeurs risquent « de se contenter de réduire leur consommation en considérant qu’il s’agit d’une réussite suffisante ». Dans ce cas, « vapoter pourrait aller à l’encontre du processus d’arrêt du tabac et de son effet bénéfique sur la santé », soulignent les chercheurs.

•• La cigarette électronique pourrait représenter « un atout majeur en santé publique », notent encore les chercheurs de Santé publique France, tout en reconnaissant quelques biais et limites à leur étude. Encore faudrait-il « que son efficacité pour arrêter de fumer et sa sécurité soient prouvées. Les études expérimentales et observationnelles rigoureuses étant rares, il est important que la recherche s’intensifie dans ce domaine », concluent donc les auteurs.

À suivre.