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4 Juin 2018 | Profession
 

Où l’on reparle de la nécessité d’un réseau réglementé de vente du tabac outre-mer (voir Lmdt des 16 et 8 décembre 2017) …

À l’occasion de la « Journée mondiale sans tabac » de la semaine dernière, la Fédération régionale d’Addictologie de La Réunion (FRAR) demande la restriction des points de vente dans ce département d’outre-mer.

Les points de vente tabac (de toute nature : épiceries, stations-services, etc.) étant trois fois plus nombreux, en densité, dans l’île qu’en métropole, la FRAR a interpellé la ministre de la Santé par courrier.

•• « Il y a près de 2 000 points de vente de tabac à La Réunion, soit un pour 450 habitants. Nous avons donc le triste privilège de trouver ici, en densité, près de 8 fois plus de points de vente de tabac par rapport à la France », dénonce la Fédération.

•• La multiplicité des points de vente de tabac, leur omniprésence dans l’environnement contribuent malheureusement à « normaliser et à banaliser un produit hautement toxique et addictif, première cause de mortalité évitable ». En particulier l’initiation des jeunes « avec des points de vente à proximité des écoles, des établissements recevant la jeunesse ».

La vente de cigarettes à l’unité, largement pratiquée dans le département, est également pointée du doigt.

•• À La Réunion, la vente du tabac est régie par le décret n°48-544 du 30 mars 1948. Une mesure « transitoire » selon le texte qui permet aux boulangeries, boutiques, stations-service, etc. de vendre du tabac.

L’article 160 de la Loi n°2008-1425 du 27 décembre 2008 (article 568 bis du Code général des Impôts) a ensuite établi le principe d’une licence pour les débits de tabac dans les DOM. Son entrée en vigueur était initialement prévue en 2011 avec un quota de 1 070 licences dont la délivrance devait être assurée par le Conseil Général et renouvelée chaque année.

Faute de décret d’application, « cette loi n’a jamais été appliquée et se retrouve année après année repoussée au détriment de la santé de la population » explique la FRAR.