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14 Août 2020 | Observatoire
 

C’est la « Bancassurance » qui sauve La Poste, ces jours-ci. 

Sans son mariage récent avec CNP, le groupe public aurait affiché une perte historique de 1,2 milliard d’euros, selon les résultats du premier semestre publiés le 4 août.

Finalisé le 4 mars, soit quelques jours avant le confinement, le rapprochement entre La Banque Postale et CNP Assurances a permis de sauver les résultats financiers de La Poste, mise à mal par de nombreux dysfonctionnements – c’est le moins que l’on puisse dire – pendant le confinement (voir 7 mai, 10 et 2 avril ainsi que 25 mars).

•• « Nous sommes particulièrement satisfaits du résultat, mais en même temps inquiets de ce que cela révèle des tendances profondes de notre groupe », reconnait devant la presse, Philippe Wahl, le PDG du groupe La Poste. Le groupe a dégagé ainsi sur la période un résultat net de 2,31 milliards, contre 474 millions d’euros un an plus tôt, et son chiffre d’affaires a grimpé de + 13 %, à 14,5 milliards d’euros.

« Mais ces chiffres sont gonflés par les écritures comptables » (Les Échos). Car ils sont obtenus grâce à cette fusion avec CNP Assurances. En fait, la crise sanitaire lui a coûté 2,2 milliards d’euros en termes de résultat net.

•• Ces pertes sont grandement attribuables au déclin mais aussi aux dysfonctionnements de l’activité courrier, qui pèse moins de 20 % du chiffre d’affaires à fin juin. Au plus fort de la crise, les revenus du courrier se sont effondrés de -55 %, en tendance sur un an, et ceux des colis de -25 %.

L’envoi de lettres a chuté de -26 % sur l’ensemble du semestre, ce qui se traduit par une baisse de près de 1 milliard d’euros du chiffre d’affaires de l’activité Courrier. Un chiffre à comparer à la baisse habituelle de 500 millions d’euros par an de cette activité.

La reprise de l’envoi de colis (Colissimo, …) n’a pas suffi à amortir le plongeon du chiffre d’affaires de la branche services-courrier-colis. Sa perte d’exploitation atteint 1,18 milliard d’euros.

•• Indépendante de cette branche en difficulté, Geopost, la filiale dédiée aux colis express (35,6 % du chiffre d’affaires avec Chronopost et DPD), s’en sort bien mieux grâce au dynamisme de l’e-commerce. « La Poste a recueilli les fruits de sa stratégie de diversification, mais le Covid a eu une influence très négative » déplore encore Philippe Wahl.

•• L’objectif du PDG est toujours de diversifier le groupe (colis, services, banque, assurance…) pour faire passer cette année le chiffre d’affaires du courrier traditionnel « en dessous de 20 % » du total (25,6 % en 2019). Face aux bouleversements provoqués par la crise, il assure que le groupe travaille sur « un certain nombre de mesures d’économies qui concerneront tous les aspects de l’entreprise ». Alors que la Banque Postale est en quête d’un nouveau patron.

•• Reste que La Poste avait signé, juste avant la crise sanitaire, avec l’AMF (Association des Maires de France / AMF) et l’État, la cinquième mouture de son « contrat de présence territoriale ».

Au vu de ce qui s’est passé sur le terrain des questions se posent. Il est peut-être temps de réfléchir plus en avant à des partenariats renouvelés et étoffés. Comme avec les buralistes, par exemple. (voir aussi 4 août).