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21 Nov 2018 | Observatoire
 

Meilleure prise en compte des dangers du tabac, sous la pression sociétale ? Sentiment de la cherté croissante du produit à un moment où l’on a commencé à beaucoup parler du tabac à 10 euros ? Impact du paquet neutre ? 

Les adolescents sont de moins en moins nombreux à fumer leur première cigarette, selon une étude menée par l’Inserm et financée par l’Institut national du Cancer.

Ses résultats, publiés dans la revue Tobacco Control, montrent que 1 jeune sur 5, de 12 à 17 ans, a expérimenté le tabac en 2017. Contre 1 jeune sur 4 en 2016.

•• Afin d’examiner l’impact de l’introduction des paquets neutres et des campagnes anti-tabac de 2016 sur la consommation tabagique des français et l’image qu’ils ont du tabac, l’Inserm et l’Institut national du Cancer avaient lancé en 2017 l’étude DePICT (Description des Perceptions, Images et Comportements liés au Tabac).

Cette étude téléphonique a interrogé 2 vagues différentes de 6 000 personnes, représentatives de la population générale (4 000 adultes et 2 000 adolescents à chaque fois) sur leur perception du tabagisme (voir Lmdt du 2 septembre 2017).

Dans ce cadre, des chercheurs de l’Inserm au sein du laboratoire de recherches en épidémiologie sociale de l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm/Sorbonne Université) ont étudié plus spécifiquement les résultats de l’enquête chez les adolescents de 12 à 17 ans.

•• En 2017, 1 jeune sur 5 (20,8 %) a expérimenté le tabac pour la première fois contre 1 sur 4 (26,3 %) en 2016 et ce, même en tenant compte des caractéristiques démographiques et socio-économiques. Cette baisse est plus marquée chez les jeunes filles : 1 sur 10 (13,4 %) contre 1 sur 4 (25,2 %).

•• Les jeunes interrogés sont également plus susceptibles de considérer le tabagisme comme dangereux (83,9 % contre 78,9 % en 2016) et de déclarer avoir peur de ses conséquences (73,3 % contre 69,2 %).

Ils sont moins susceptibles d’affirmer que leurs amis ou leur famille acceptent le tabagisme (16,2 % contre 25,4 % et 11,2 % contre 24,6 %). De plus, les jeunes fumeurs sont moins attachés à leur marque de tabac en 2017 par rapport à 2016 (23,9 % contre 34,3 %).

•• Selon les auteures de l’étude, Maria Melchior, chercheuse Inserm et Fabienne El-Khoury, post-doctorante, ces résultats « montrent que le paquet neutre pourrait contribuer à dénormaliser le tabac chez les jeunes et à en diminuer l’expérimentation ».

Les études à venir se concentreront sur l’impact durable des campagnes de sensibilisation sur la consommation régulière de tabac chez les adolescents.