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29 Jan 2021 | Profession
 

Les ventes de tabac n’ont diminué (en volume) que de 1,3 %, après un recul de 6,6 % en 2019 (voir 12 janvier) : c’est ce que met en avant l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) selon Les Échos dans un article signé Solveig Godeluck.

Laquelle en déduit que « 2020 n’aura pas été une grande année pour la politique de lutte contre le tabagisme ». Extraits.

En revanche, ce sera un millésime record du côté des rentrées fiscales. En septembre, la Commission des comptes de la Sécurité sociale pariait sur un rendement de 14,4 milliards d’euros des taxes sur le tabac pour l’année en cours, après 13,1 milliards en 2019, et avant de retomber à 13,9 milliards en 2021.

•• Alors que les recettes liées au tabac devaient initialement augmenter de 600 millions d’euros, la prévision budgétaire avait été révisée en septembre, avec un gain supplémentaire de 700 millions d’euros dû à des ventes plus dynamiques que prévu. Contacté, Bercy ne souhaite pas communiquer avant la consolidation des comptes de la Sécurité sociale en février-mars.

•• Deux événements se sont télescopés l’année dernière.

En 2020, le tarif moyen du paquet de cigarettes a crû de 1 euro, et sur trois ans, il est passé de 7 euros à plus de 10 euros. Il y avait là en théorie de quoi inciter nombre de fumeurs à renoncer à leur addiction. Et c’est probablement ce qui s’est passé, au moins en partie.

Mais il y a aussi eu la pandémie de Covid, les deux confinements et les restrictions de circulation tout au long de l’année. Les Français ont eu plus de mal à s’approvisionner de l’autre côté de la frontière (…) Leurs achats se sont donc en partie reportés sur les buralistes français – du moins on le suppose. Ce qui n’était pas le cas en 2019.

•• Pendant le confinement, des Français isolés, déprimés, se sont raccrochés à la cigarette pour tenir.

Les études sur la consommation de médicament Epi-Pharma menées tout au long de l’année ont d’ailleurs mis en évidence une chute brutale des achats de patchs et autres substituts nicotiniques : -30 % la deuxième semaine du premier confinement, par exemple.

Sur 2020, et à nombre de jours constants, les ventes de ces traitements d’aide à l’arrêt du tabac ont tout de même progressé de 4 %, selon l’OFDT. Mais pas au quatrième trimestre, où elles ont reculé de 7,8 % par rapport à la même période de 2019. Alors que ces dernières années, on a observé un véritable boom des ventes de ces traitements, désormais bien remboursés.

•• Et puis la dernière hausse de prix, en novembre, pourrait avoir été moins convaincante que les précédentes (…)

En effet, les tarifs sont déjà très élevés, et les fumeurs qui se sont accrochés depuis trois ans n’en sont plus à 50 centimes près.

•• En 2021, une épidémie angoissante et la mise à l’arrêt de la machine à faire monter les prix pourraient bien faire redémarrer les ventes de tabac. En effet, l’histoire a montré que sur le long terme, la consommation avait tendance à reprendre, sitôt les vagues de hausse des prix achevées.