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31 Juil 2018 | Trafic
 

En 2017, les ventes de cigarettes de contrebande ont plongé. Et ce alors même que les industriels du tabac craignaient une hausse liée à l’instauration du paquet neutre, annonce Le Figaro ce 31 juillet (voir Lmdt de ce jour). Dont nous reproduisons l’article ci-dessous.

« La nouvelle devrait réjouir la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et son homologue des Comptes publics, Gérald Darmanin. Les ventes de cigarettes de contrebande ont plongé de 15 % en France l’an passé, selon une étude de KPMG, que Le Figaro a pu consulter. Une baisse historique inattendue : les industriels du tabac avaient même prédit une hausse liée à l’instauration du paquet neutre, obligatoire chez les buralistes depuis janvier 2017.

« Cette chute s’accompagne d’un recul de 11 % des achats transfrontaliers, effectués légalement dans les zones hors taxes et les pays limitrophes (Espagne, Belgique, Luxembourg) où le paquet est bien moins cher. De leur côté, les ventes dans les civettes tricolores sont restées quasi stables (- 1 %). Au total, de 2016 à 2017, la part des achats hors du réseau des buralistes est donc ainsi tombée de 27 % à 24,6 % des cigarettes fumées en France.

« Malgré la baisse de la consommation de cigarettes (-4 %), qui ne reflète pas le prétendu million de fumeurs en moins évoqué par le ministère de la Santé, la France reste championne d’Europe des achats hors réseau », souligne Éric Sensi-Minautier, de British American Tobacco. « Celui-ci relève qu’il n’y a eu l’an passé ni plus de saisies douanières, ni plus de contrôles au port du Marseille, où transitent les Marlboro acheminées d’Algérie. Le recul des achats sur les réseaux parallèles s’explique en fait surtout par la stabilité du prix du paquet chez les buralistes, qui n’a pas bougé de 2014 à fin 2017.

« Pour les fumeurs dont le pouvoir d’achat s’améliore, ce prix est devenu relativement moins douloureux, et une part des achats des fumeurs a donc basculé du marché illégal vers le marché légal. Cette éclaircie pourrait être de courte durée, avec le choc de prix décidé à l’automne, consistant à porter de 7 à 10 euros le prix du paquet d’ici à 2020.

« Nous pouvons nous attendre à une aggravation de la situation si les autorités ne mettent pas en place un plan concret de lutte contre les trafics », assure Éric Sensi-Minautier. KPMG indique avoir observé un retournement de tendance après la forte hausse de mars dernier. »