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31 Mai 2019 | Profession
 

Dans le contexte de cette Journée sans Tabac du 31 mai, aux informations contradictoires et bien souvent placées hors contexte, l’émission « Ça se comprend ! » de Thomas Hugue, diffusée en direct ce jeudi après-midi sur CNews, a permis à Philippe Coy de mettre un certain nombre de points sur les i.

Signalons que le professeur Debré ainsi que Claude Bamberger (président des vapoteurs de l’Aiduce) étaient également sur le plateau.

•• Sur les dernières statistiques concernant la baisse du nombre des fumeurs (voir Lmdt du 28 mai) :

« Nous sommes toujours attentifs à ces données chiffrées positives. La santé publique est un sujet trop important. Mais en même temps, on ne peut pas nier l’évasion d’une partie de nos clients fumeurs vers d’autres marchés du tabac, européens ou illégaux.

« Car si notre réseau s’est engagé pour accompagner un plan de santé responsable, ce dernier ne peut reposer uniquement que sur la pression par les prix … venez-voir ce qui se passe chez moi à Pau, à 40 kilomètres de l’Espagne. Venez voir ce qui se passe au Luxembourg, où la consommation de tabac est cinq fois supérieure aux capacités de la population locale !

« Il faut que la politique de santé publique, en matière de tabac, soit coordonnée avec la prévention, l’éducation mais aussi avec ce qui se passe ailleurs en Europe. Il est impossible de rester dans un contexte franco-français.

« D’ailleurs, le candidat Macron avait annoncé, dans son programme électoral, le paquet à 10 euros mais avait évoqué aussi une convergence des prix en Europe. »

•• Sur les buralistes et le vapotage :

« La baisse des volumes tabac dans notre réseau est due aussi à un transfert d’une partie de nos clients vers le vapotage, on le voit bien dans notre activité quotidienne. Désormais, le réseau des buralistes est impliqué dans la vente des produits du vapotage à nos clients fumeurs qui veulent sortir du tabac traditionnel.

« Au Royaume-Uni, le vapotage est ouvertement soutenu par les autorités de la Santé publique. On pourrait s’inspirer de cette expérience.

« On a lancé le mois du vapotage chez les buralistes au moment du Mois sans Tabac. Nous travaillons déjà avec l’Agence régionale de Santé d’Occitanie …

« D’ailleurs, je regrette de ne pas avoir plus d’échanges avec madame Buzyn sur le sujet. Si on ne se parle pas, on ne risque pas d’avancer. »

•• Sur l’interdiction de vente aux mineurs :

« Nous sommes conscients qu’il y a une action spécifique à mener auprès des buralistes. Sous la responsabilité de notre secrétaire général, on a mis en place à la Confédération un groupe de travail Éthique et Responsabilité pour contribuer à ce que les jeunes ne commencent pas.

« Nous pouvons mener un travail d’accompagnement et de relais des messages publics. Je lance, à nouveau, un appel à Agnès Buzyn. »

•• Sur la Transformation :

« Nous avons engagé, depuis plus d’un an, un plan de Transformation des buralistes, car nous sommes autant conscients des enjeux de Santé publique que de l’évolution des modes de consommation.

« Et, en même temps, notre réseau de 24 500 entrepreneurs dispose du maillage suffisant pour répondre aux besoins de ces Français qui, dans les territoires, se sentent isolés et abandonnés : nous pouvons être relais de services administratifs et garants de lien social … »

« Mais ce plan de Transformation ne peut pas fonctionner si nous sommes les seuls, en Europe, à mener une telle politique anti-tabac, basée principalement sur la pression par les prix.

« J’espère donc que la nouvelle mandature du Parlement européen va avoir l’audace de s’attaquer au problème du transport du tabac par les particuliers et à la convergence des prix du tabac. »