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8 Jan 2020 | Profession
 

« On incite désormais le buraliste à se moderniser, à sortir de son bureau de tabac très classique, à devenir un commerçant d’utilité locale … C’est un véritable changement de logiciel et on le doit vraiment à Philippe ».

Ces propos de Jérôme Récapet, buraliste à Navarrenx et président de la chambre syndicale des Pyrénées-Atlantiques, servent d’introduction au portrait pleine page de Philippe Coy dans la section région de Sud-Ouest de ce dimanche 5 janvier. Extraits.

•• « Philippe Coy, 51 ans, est le président de la Confédération nationale des buralistes. Un métier qu’il tente de révolutionner avec un certain succès, afin de le sortir de l’ornière creusée par l’augmentation du prix du tabac. Il y a une logique à voir un buraliste d’un département frontalier prendre les rênes du métier.

C’est ce chapelet de petits commerces qui sont les plus exposés aux hausses successives avec la concurrence espagnole ici-bas ou belge pour les plus septentrionaux. Peut-être est-ce aussi l’une des raisons pour lesquelles le refrain de Philippe Coy est si écouté » poursuit l’article.

•• « La transformation du métier, ça faisait partie de mon engagement à la chambre syndicale du Béarn quand j’avais monté un projet similaire, en 2005 : comment faire de ce point de commerce un lieu encore plus accueillant ? On avait mené une réflexion avec la CCI du Pays basque et j’avais, à l’époque, rencontré le ministre du Commerce, Christian Jacob », rappelle Philipe Coy.

•• « Quinze ans plus tard, Philippe Coy a pris du galon. Il côtoie très régulièrement Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. 

« Avant, on ne travaillait qu’avec le ministre des Comptes publics, mais aujourd’hui, on travaille avec d’autres ministères, explique le patron des buralistes. Je discute beaucoup avec Jacqueline Gourault du réaménagement des territoires, avec Agnès Pannier-Runacher du commerce. J’ai travaillé un an avec Bruno Le Maire pour préparer la privatisation de la Française des Jeux … (…) 

•• « La prouesse du Béarnais est d’avoir décroché un budget de 80 millions d’aides de l’État pour la modernisation des bureaux de tabac. Puis d’avoir embarqué les Chambres de commerce et d’industrie dans le wagon du changement.

« On est allé porter le projet au ministre en juin-juillet 2018 » raconte-t-il. « On a ensuite décliné le plan d’action en sept étapes. J’ai proposé un audit des bureaux de tabac. Je pense que si on veut utiliser l’argent public à bon escient, il faut accompagner le commerçant. Ne pas seulement prendre l’argent, repeindre les volets et refaire les étagères sans rien de plus. Il fallait faire un audit et il n’y avait rien de mieux que les CCI locales pour réaliser ce travail. »

« Philippe Coy parle en connaissance de cause après des années passées à la CCI Pau-Béarn » poursuit Sud-Ouest. « L’ancien apprenti cuisinier a su faire parler son carnet d’adresses, puisque la convention de partenariat avec CCI France a été signée par le président Pierre Goguet, ex-patron de la CCI de Gironde. Elle est déclinée, semaine après semaine, par des signatures dans les départements (…) 

•• « Chacune d’entre elles est l’occasion pour Philippe Coy de battre le pavé et mettre en avant la nouvelle carotte des buralistes, toujours aussi rouge mais sans le mot « tabac » apposé.

« Un collègue de Narbonne me disait : moi, le mot tabac sur la carotte rouge, ça m’ennuie, parce que je ne vends pas que du tabac » illustre Philippe Coy. « D’autres confrères me l’ont dit et j’ai bien aimé l’idée. L’aide à la transformation des commerces comprend donc la nouvelle carotte sans ce terme-là (…) 

••« Aujourd’hui, je prends énormément de plaisir à travailler pour le réseau » conclut Philippe Coy, « j’ai encore deux ans de mandat et j’en suis pleinement heureux. »