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2 Mai 2018 | Profession
 

Suite du débat autour des changements de prix de certains paquets de cigarettes, sur BFM TV ce 1er mai (voir Lmdt des 29/30 avril). Sous l’angle de la santé publique.

•• Marion Adler, tabacologue, quelques minutes après l’intervention de Philippe Coy (voir Lmdt de ce jour), avait insisté sur l’importance du prix pour dissuader les fumeurs : « le prix du paquet est à 20 euros en Nouvelle-Zélande, où il y a moins de 10 % de fumeurs. En Angleterre, le paquet est à peu près à 10 euros et on compte 16 % de fumeurs ».

•• Joseph Osman, président de OFT Conseil (voir Lmdt du 9 février 2017), s’est dit choqué de « la baisse de 30 centimes de certaines marques » et de rappeler l’efficacité du Plan Cancer de Jacques Chirac.

•• Frédéric Bizard, économiste et président de l’Institut Santé a tranché dans le vif : « Le prix, par la hausse, ne doit pas être une stratégie de santé publique. Je me désole un peu quand je vois que ce plan de hausse vers 10 euros n’est pas accompagné d’un grand plan de prévention, dès le primaire. Mais notre médecine scolaire est en déshérence totale. Notre médecine du travail aussi.

« La Nouvelle-Zélande et le Canada ont des politiques de santé publique massives. Le budget de la politique de prévention en France n’augmente pas d’une année sur l’autre, donc il baisse. Monsieur Jacques Osman en est un témoin, puisqu’il a vu ses subventions supprimer pour Tabac Info Service (voir Lmdt du 8 juin et 18 juillet 2012). Il y a une certaine inconséquence de notre politique de santé publique. »

« On peut agir sur l’offre (prix, interdiction de publicité, présence au cinéma, …), on doit surtout agir sur la demande, via l’éducation. Que ce soit sur le tabac ou les autres facteurs de risques (alcool, obésité). C’est un levier durable. Après le plan Cancer Chirac, on avait constaté une reprise du nombre de fumeurs. »

•• Joseph Osman approuve à demi-mot : « Effectivement, il y a quelques années il existait une association « Paris sans Tabac » qui agissait auprès des lycées et collèges. Elle a disparu.

« Mais Agnès Buzyn est très sensible au sujet et reste très déterminée à faire baisser la consommation ».