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19 Juin 2018 | Profession
 

Au-delà des polémiques de diverses natures suscitées par l’Iqos de Philip Morris (voir Lmdt des 25 mai et 13 mars) se pose la question de fond, tant pour les consommateurs intéressés que pour ceux qui vendent le produit : en quoi ce produit innovant – fonctionnant sur le principe du tabac chauffé et non brûlé – peut-il être considéré comme présentant des risques potentiellement réduits ? 

Il apparait que les études externes à Philip Morris confirment généralement les recherches de ce dernier : les niveaux de composés nocifs trouvés dans la vapeur d’Iqos sont significativement plus bas que ceux trouvés dans la fumée de cigarette.

•• Reste que la presse cite à l’envie l’étude d’un médecin suisse, Reto Auer, publiée dans la revue américaine Jama Internal Medicine.

Comme France 2 ou Les Échos récemment (voir Lmdt des 24 avril et du 6 mai) : « Iqos n’est rien d’autre qu’une charbonnière portative, il n’y a aucune raison de le tolérer dans les bars et les restaurants » a ainsi assuré ce médecin aux Échos.

•• Or, il se trouve que l’autorité de régulation américaine – la FDA (Federal Drug Administration) – s’est prononcée sur cette étude suisse (par le biais de son comité consultatif, dans un mémoire « FDA briefing document » publié en janvier de cette année). Qu’y dit-on ? : « les données publiées (par cette étude) ne sauraient être considérées comme adéquates pour comparer les niveaux de HPHC (composants nocifs et potentiellement nocifs) entre le produit Iqos et les cigarettes brûlées.

« Il y a des problèmes analytiques significatifs dans l’étude Auer comme, par exemple, le manque d’échantillon de référence d’essai, le faible nombre de répétitions, le manque de sélectivité sur certaines méthodes analytiques. En comparaison, nous n’avons pas identifié de problèmes spécifiques avec les méthodes du demandeur (PMI). »

•• La FDA est, d’ailleurs, en train d’examiner les résultats de recherche sur Iqos pour permettre la commercialisation aux États-Unis en tant que « produit à base de tabac à risque modifié » (voir Lmdt du 1er février 2018).

•• Au Royaume-Uni, le « Committee on Toxicity » a confirmé, le 11 décembre dernier, « qu’il y avait probablement une diminution globale du risque sanitaire pour les fumeurs passant aux produits étudiés. »

•• En Allemagne, l’Institut fédéral pour l’évaluation du risque (BFR) a indiqué, également en décembre, que ses résultats « coïncidaient largement avec les études menées par Philip Morris International. »

Il faut prendre toutes les précisions de rigueur, certes. Mais le débat est ouvert.