Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
8 Août 2019 | Profession
 

Achat de billets de train (voir Lmdt des 8 et 28 juillet) et paiement d’impôts (voir Lmdt des 23 et 29 juillet) … chez les buralistes. 

Si les pouvoirs publics souhaitent simplifier certaines démarches administratives pour les contribuables en passant par les buralistes, leurs propres collègues de Voiron (à 25 kilomètres au nord de Grenoble), interrogés par Le Dauphiné Libéré, se posent encore des questions.

•• C’est le cas de Pascal Nugier, buraliste dans le centre-ville de Voiron.

S’il apprécie de pouvoir apporter des services supplémentaires à sa clientèle, l’approche adoptée le laisse dubitatif quant à son efficacité. « En France, il y a une culture du secret, on n’étale pas nos richesses de peur de créer des jalousies. S’il faut cacher ce qu’on gagne, vous pensez vraiment que les gens vont venir chez le buraliste pour montrer à tous leurs revenus ? », s’interroge-t-il.

•• D’autres n’avaient pas encore imaginé ce type d’activités chez eux : « cela veut dire que les trésoreries vont être déshabillées. Si on nous demande de faire le job d’un fonctionnaire, est-ce que le but du jeu est que l’on devienne nous-mêmes des fonctionnaires ? Combien serons-nous rémunérés pour effectuer ce travail ? » se demande Yves Gacon, un collègue.

Il déplore également que les billets de train soient bientôt disponibles à la vente dans le réseau auquel il appartient : « c’est dommage pour les usagers. C’est bien mieux d’aller à la gare et d’avoir un professionnel en face qui sait de quoi il parle » (sic).

•• Même constat pour Pascal Delevoy : « chacun son métier. Ce n’est pas mon travail, je ne suis pas payé pour ça et je n’ai pas le statut de fonctionnaire. Pour les petits bureaux de tabac, c’est peut-être bien car ils pourront toucher un revenu additionnel. Mais sur le principe, ce n’est pas normal de tout déléguer et de fermer les services » (re-sic).

Le buraliste demeure également sceptique quant à l’impact financier que cela pourrait apporter : « quand ils viendront payer leurs impôts, ils n’achèteront pas ce qu’il y a autour. C’est déjà ce qu’il se passe pour ceux qui viennent récupérer des timbres fiscaux, ils ne font pas d’achats impulsifs. »