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31 Jan 2019 | Observatoire
 

Ni les hausses successives des prix, ni le paquet neutre ne semblent avoir troublé la « cigarette d’entre deux cours » devant les lycées de Limoges. À en croire une enquête de terrain du Populaire du Centre, publiée ce 28 janvier.

•• Même s’ils se disent moins « addicts » que leurs aînés, ils défendent l’idée d’une « cigarette plaisir ». Celle que l’on s’allume et que l’on partage entre deux heures de cours. La dépendance ? « On verra ça plus tard », dit Théo, 17 ans, élève de seconde au lycée Auguste-Renoir, « mon paquet me fait trois semaines et je peux tout à fait m’en passer les week-ends. À aucun moment je ne me sens accro. »

Claudine et Sarah, 16 ans, l’affirment d’une moue boudeuse : « pour nous, c’est un moment agréable et convivial. On en profite pour se retrouver et discuter. »

•• Les hausses successives du prix ? « Cela ne change pas grand-chose », considère Axel, 16 ans, pour qui les fumeurs « addicts » seraient tout de même peu nombreux dans les rangs de ses camarades. « Dans ma classe, sur une trentaine d’élèves, nous ne sommes que trois à fumer quotidiennement. Ce n’est pas beaucoup. »

•• Ce discours n’étonne qu’à moitié les enseignants et personnels encadrants des lycées de Limoges, pour qui paquets neutres et hausses des prix n’ont pas diminué l’attrait des jeunes pour le tabac. « Honnêtement, je n’ai pas vu beaucoup de changements ! », estime la CPE d’un lycée du centre-ville, « si diminution de l’attrait il y a, elle n’a eu pour effet que d’inciter les jeunes à se tourner vers d’autres produits, plus accessibles et parfois même moins chers. »

La cigarette électronique n’est pas la seule à être concernée. « Le tabac, c’est un peu dépassé », considère Amine, 15 ans, élève de seconde qui dit n’avoir jamais allumé une seule cigarette. « Avant, faut dire ce qui est, avec Lucky Luke et tout, c’était stylé « de ouf » de fumer. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. D’autres produits, comme le cannabis, sont davantage « à la mode ».