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22 Déc 2012 | Associations
 

Gérard Dubois (président d’honneur d’Alliance contre le tabac), invité du Magazine de la santé de France 5 ce vendredi 21 décembre, a défendu la politique de la taxation comme élément essentiel de la lutte contre le tabagisme. Non sans approximation. La passion égare … Ceci, sous le regard dubitatif du présentateur, Michel Cymes, qui l’interviewait sur les conclusions du rapport de la Cour des comptes et la proposition de la directive européenne Tabac. En sept minutes de plateau, Gérard Dubois s’est bien gardé de jeter les bases d’une vraie politique de Prévention.

L’équation de Gérard Dubois est simple : « depuis la loi Evin, quand le paquet augmente de 10%, les ventes baissent de 4% ».  Et si la lutte contre le tabagisme a échoué en France sur les vingt dernières années, c’est que les augmentations de prix n’ont pas été suffisamment dissuasives et qu’elles ont permis à l’Etat de gagner beaucoup d’argent. Comme les cigarretiers et les buralistes, sans oublier les aides «  à hauteur de 2,6 milliards d’euros ». Encore et toujours, l’imprécation en utilisant les chiffres à tort et à travers …

Puis Gérard Dubois a préconisé (de façon assez confuse pour les journalistes comme pour l’auditeur) qu’en France, « la politique de lutte contre le tabagisme soit dirigée par une autorité clairement définie, rompant avec l’opposition Budget / Santé ». Et citant pour appuyer sa démonstration, les nouvelles responsabilités de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) sur le tabac (« enfin considéré comme une toxicomanie »), mais sans pouvoir sur la taxation …

Sur le paquet générique, Gérard Dubois a salué la proposition de la Directive Tabac, qui prescrit des avertissements sanitaires sur les deux faces : « C’est une excellente mesure … Quand on rentre dans un débit de tabac, aujourd’hui, on ne voit qu’un côté, ce qui a arrangé les buralistes qui ne voulaient pas voir ces images pour leur santé mentale ». Gérard Dubois en profite pour proposer la suppression des linéaires, « comme Bruxelles » (qui ne la prescrit pas formellement dans son texte final, même si elle laisse aux Etats membres leur libre arbitre) : « Qu’on enferme les linéaires, pour la santé mentale des buralistes. Il reste encore deux types de publicité pour le tabac depuis la loi Evin : le débit de tabac et le paquet ». Et de conclure, avec quelque regret : « C’est un produit qui va rester longtemps légal en France … alors que certains pays ont engagé un processus de monde sans tabac d’ici peu de décennies ».