Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
13 Nov 2017 | L'essentiel, Profession
 

À quelques heures d’une augmentation des prix du tabac, l’exercice s’imposait.

À l’issue de la table-ronde d’hier matin à Foix – permettant à Gérald Darmanin de discuter avec des buralistes frontaliers pendant une heure trente (voir Lmdt du 12 novembre) – le ministre a proposé à Philippe Coy de l’accompagner pour une visite de l’organisation douanière mise en place sur les voies, routières ou pédestres, descendant d’Andorre.

Un dispositif permanent, dont une partie est confidentielle, les passeurs de tabac n’étant pas précisément des enfants de chœur. Et l’enjeu de cette contrebande quotidienne de tabac s’avère vital pour des réseaux aussi organisés que déterminés.

D’ailleurs, un agent sur place portait les traces d’une récente blessure. Un autre a raconté qu’il n’était pas rare que les médecins du coin reçoivent la visite de randonneurs, à la drôle d’allure, ayant eu un accident de montagne nocturne …

•• 15 HEURES : accompagné de Marie Lajus (préfète de l’Ariège), de Jérôme Fournel (directeur de cabinet du ministre) et de Rodolphe Gintz (directeur de la Douane), Gérald Darmanin arrive à la brigade des Douanes d’Ax-les-Thermes, récemment réaménagée et agrandie. C’est « la base » des douaniers qui travaillent sur les flancs de la montagne.

Le ministre y découvre la technique, ancestrale mais éprouvée avec le temps, des passeurs à pied (voir Lmdt du 5 août). Et il invite Philippe Coy (avec Jean-Paul Vaslin, directeur des Affaires publiques de la Confédération) à évaluer la valeur d’une récente saisie de paquets de Philip Morris et Fortuna : fruit d’une embuscade, au petit jour, où quatre douaniers ont brusquement interrompu le périple de six « sherpas » portant des cartouches dans des sacs à dos de fortune.

Autres témoignages : la fréquence des barrages douaniers forcés par des véhicules roulant à ville allure (voir Lmdt 14 septembre). « Pas un service (contrôle routier pendant plusieurs heures) sans avoir à déployer une herse pour crever les pneus d’un véhicule n’obtempérant pas. »

•• 16 HEURES 15 : visite d’un poste d’observation en pleine forêt montagnarde. Personne n’a détecté la présence de deux douaniers camouflés par la végétation. L’un d’eux raconte comment ils se planquent dans la neige, l’hiver. « Car c’est le moment où il y a le plus de passage. Les particuliers font moins de voyages pour faire leurs courses en Andorre. La demande en bas, dans les grandes métropoles est plus forte. »

•• 17 HEURES 15 : nous sommes au grand rond-point de Tarascon-sur-Ariège où une équipe douanière procède au contrôle de véhicules descendant d’Andorre, devant un groupe de journalistes.

Trois douaniers mobilisés et toute une procédure pour chaque voiture sélectionnée (le « flair douanier ») et contrôlée. Les agents ont discrètement fait passer le message du manque d’effectifs au ministre.

« Ma dernière présence ici remonte au mois de mars, pour manifester avec mes collègues » confie Philippe Coy au ministre (voir Lmdt du 20 mars).

« Ah oui, je sais, les buralistes, cela manifeste … » sourit Gérald Darmanin.

« Et avec des carottes ! » s’esclaffe Alain Sutra, le maire de Tarascon.

Pour le moment, l’heure est plutôt au dialogue et à la négociation : à Paris, à la préfecture de Foix ou sur le terrain. Là où les douaniers s’engagent et prennent des risques.