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8 Nov 2016 | Trafic
 

F BarbierCe lundi 7 novembre, avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC , le député PS Frédéric Barbier, auteur du fameux rapport sur les  buralistes (voir Lmdt du 20 octobre 2015), est revenu sur l’une ses propositions : la mise en place d’une traçabilité indépendante des produits du tabac.

Dans son style direct, l’animateur lui demande si les fabricants organisent la contrebande du tabac en Europe. Frédéric Barbier lui répond qu’en tout cas les fabricants assurent disposer d’une traçabilité « sans faille » et qu’il en doute … en rapportant une anecdote que certains trouveront révélatrice et d’autres passablement tirée par les cheveux.

Cette anecdote avait déjà été reprise dans le Journal du Dimanche, daté du 6 novembre, dans un long article sur ce qui est présenté comme « une guerre de la traçabilité » en Europe entre un système proche des fabricants et le principe d’une solution indépendante soutenue par plusieurs politiques, notamment au Parlement européen.

L’anecdote citée dans le JDD : un soir d’octobre, l’élu a une étrange surprise. Les hauts cadres encravatés d’une des majors du tabac avaient posé sur sa table de réunion trois tristes paquets neutres. « Regardez ce que vous nous faites vendre, c’est affreux », se désolaient-ils. Fine mouche, l’assistante parlementaire de Frédéric Barbier s’aperçoit que l’un des paquets est vierge du marquage Codentify (voir Lmdt du 26 juin).

« Mes interlocuteurs ont rougi et vite remballé leur marchandise », raconte l’élu, « ce paquet avait été produit dans leur usine sans être tracé ! Si le marquage s’arrête lorsque la machine continue de produire, c’est très problématique. Où et comment a été récupéré ce paquet ? Mystère. Si ce n’est pas pour alimenter le marché parallèle, j’y perds mon latin ».