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3 Sep 2018 | Profession
 

« Comment France Tabac a décroché un contrat salvateur » : Sud-Ouest revient, déclarations à l’appui, sur l’accord stratégique et historique entre France Tabac et le groupe international Alliance One que nous avons annoncé et analysé ici-même (voir Lmdt des 29 et 13 août). Extraits.

•• Depuis une bonne quinzaine d’années, France Tabac, à Sarlat (Dordogne), mangeait son pain noir. L’usine de transformation du tabac, appartenant aux sept coopératives françaises de producteurs, a d’ailleurs connu quatre vagues de licenciements depuis 2007, ramenant les effectifs à 36 salariés permanents contre 200 à l’âge d’or des années 1980 (voir Lmdt des 13 mars 2014 ainsi que des 1er juillet et 29 juin 2016).

•• (…) Cet été, l’usine concurrente de Karlsruhe a été fermée par son propriétaire, le géant américain Alliance One International, l’un des deux plus grands groupes mondiaux de transformation des feuilles de tabac. Par conséquent, les 3 500 à 4 000 tonnes de tabac de Virginie traitées outre-Rhin sont d’ores et déjà rapatriées à l’usine de Sarlat (…)

Le directeur de l’usine, Éric Tabanou, après des années de galère, savoure encore ce moment de juillet quand l’accord a été trouvé : « quand on est arrivé au bout de la négociation et qu’on a signé, on a ressenti une petite fierté. Cela valait le coup de faire ce que l’on a fait. Le maintien a payé » (…)

•• Les atouts de la négociation ? « Ils ont reconnu les capacités techniques de l’outil : dimensionné, il permet du travail très soigné, il y a aussi le fait qu’il y aura écrit France Tabac sur les envois.

« Les variétés françaises ont des caractéristiques très intéressantes pour le tabac à chicha, d’absorption du glucose et de tenue de la couleur. Alliance One, qui a une vraie force de frappe sur ce type de marché en pleine expansion, est très intéressée. »

Le tabac à chicha représente un volume mondial de 400 000 tonnes. Il y a environ 10 % de tabac dans la mixture, soit environ 40 000 tonnes. « Le tabac français est très recherché par les utilisateurs finaux. »

•• Cette année, l’usine sarladaise, qui tablait sur une production de 5 600 tonnes, devrait ainsi dépasser les 9 000 tonnes. « On l’a appris lors de la réunion du comité d’entreprise » explique Laurence Nicolas, de Force Ouvrière. « C’est une très bonne surprise. Il y a une autre ambiance » (…)

La main d’œuvre saisonnière va monter fortement en puissance. D’une trentaine d’équivalents temps plein sur 80 jours l’an dernier, cela devrait passer cette année à une quarantaine sur une durée de sept mois.

•• Alors que les premiers nouveaux camions de livraison sont arrivés à l’usine lundi 27 août, la nouvelle réjouit les élus locaux.

Pour le maire de Sarlat, Jean-Jacques de Peretti, « c’est une bonne nouvelle pour le maintien de la production. Cela consolide pour l’instant l’entreprise qui fait des efforts en matière de recherche de diversifications. À force de se battre, cela peut porter ses fruits. Le seul problème, c’est la production en France. Cette augmentation de volume aura aussi un impact positif sur la rémunération des producteurs, avec une baisse des coûts fixes de l’entreprise. Cela va inciter les producteurs à revenir et, à ceux qui étaient là, à maintenir leurs productions. »

•• Jacqueline Dubois, députée : « c’est un bon signe, encourageant pour la filière qui a connu des années sombres. C’est une très bonne nouvelle pour les employés (…) et c’est encourageant pour les agriculteurs. Avec les difficultés à trouver des producteurs, c’est un nouveau challenge pour convaincre les agriculteurs à produire du tabac.

« Le tabac français est très recherché. Il intéresse beaucoup par sa qualité, la finesse de ses saveurs, comme Philip Morris pour les extraits de nicotine de ses nouveaux modèles de cigarettes électroniques. »