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7 Jan 2019 | Observatoire
 

Jean-Pierre Robin – chroniqueur économique et rédacteur en chef du Figaro – revient sur les multiples origines du mouvement des « Gilets jaunes » (édition du 3 janvier).

Tout en soulignant l’erreur qu’auraient fait Matignon et Bercy en ne tenant pas suffisamment compte d’une note de conjoncture de l’Insee (l’Institut de la Statistique et des Études économiques, juridiquement lié à Bercy) qui attirait l’attention, il y a un an, sur l’impact, concernant le pouvoir d’achat, des hausses de fiscalité prévue (voir Lmdt du 24 décembre 2017).

Extraits :

•• « Dans ce document, les économistes de l’Insee analysent l’impact des nouvelles dispositions fiscales particulièrement nombreuses qui viennent d’être votées (…)

« Au total, l’ensemble de ces mesures conduira à amputer le pouvoir d’achat des ménages de 4,5 milliards en 2018, est-il dit, soit une ponction de 0,3 % (…)

« S’ils estiment que la transformation de l’ISF en un Impôt sur la Fortune immobilière (IFI) ainsi que la « flat tax » sur les produits financiers conduiront à améliorer de 0,3 % le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages. À l’inverse, les hausses de taxes sur le tabac et les carburants auront un impact négatif de 0,3 % et 0,2 % respectivement (…)

•• « Dès le lendemain, le 20 décembre 2017, Benjamin Griveaux, porte-parole du Gouvernement, réplique de façon cinglante : « nous contestons formellement l’étude de l’Insee pour une raison très simple : le raisonnement est fait à consommation équivalente, or la fiscalité indirecte sur le tabac et sur le diesel a pour vocation de changer les comportements.

•• « C’est là que le Gouvernement commet son erreur, ne comprenant pas réellement ce qu’est le pouvoir d’achat. Certes, une hausse des taxes peut effectivement entraîner une diminution de la consommation, ce qui s’est produit en effet.

« Sur les dix premiers mois de 2018, les buralistes ont constaté une chute de 10 % des achats de cigarettes, même si les recettes fiscales sur le tabac ont progressé de 500 millions tant la taxe était forte.

« Le recul de la consommation, comme celui de diesel, est la réponse des consommateurs à la hausse des prix qui ampute leur portemonnaie. »