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10 Mar 2017 | Profession
 

Le gouvernement a augmenté le « minimum de perception » sur les cigarettes et le tabac à rouler, ce qui revient à imposer une hausse des taxes sur les paquets les moins chers, via un arrêté publié vendredi au Journal Officiel (voir Lmdt de ce jour), reprend l’AFP dans une dépêche que nous reproduisons ci-après.

•• Ce changement correspond selon un cigarettier à une augmentation comprise entre 10 et 20 centimes d’euros par paquet pour ceux vendus actuellement à 6,50 euros (comme les marques News, Lucky Strike ou Winston) ou moins.

Les fabricants peuvent décider d’absorber cette hausse en réduisant leur marge ou de la répercuter sur les consommateurs puisqu’en France ce sont eux, et non l’État, qui fixent les prix de détail. Les cigarettiers avaient ainsi renoncé en début d’année à augmenter le prix des cigarettes malgré l’entrée en vigueur en janvier de deux nouvelles taxes, une sur le tabac à rouler et l’autre sur la distribution voir Lmdt du 6 décembre 2016). La ministre de la Santé Marisol Touraine avait alors prévenu que les industriels ayant « contourné les règles », d’autres hausses de taxes viendraient pour les pousser à augmenter leurs prix de vente (voir Lmdt du 31 janvier 2017).

•• L’arrêté publié ce vendredi n’aura toutefois pas d’effet immédiat sur les prix payés par les fumeurs. Les cigarettiers devraient recevoir entre ce vendredi et lundi un courrier lançant une nouvelle campagne d’homologation des prix. Ils auront ensuite 15 jours pour transmettre leur nouvelle liste de prix aux Douanes et il faudra environ un mois pour qu’ils soient mis en place.

•• Contacté par l’AFP, le ministère de l’Économie n’était pas joignable dans l’immédiat pour commenter cette décision. La dernière hausse des prix du tabac en France remonte à 2014. Elle avait porté le prix du paquet le moins cher parmi les marques les plus vendues à 6,50 euros et celui du plus cher à 7 euros.

•• Dans un communiqué, le président des buralistes d’Ile-de-France, d’Oise et de Seine-Maritime, Bernard Gasq s’est dit « offusqué de cette décision du gouvernement prise en catimini à 50 jours de l’élection présidentielle, et alors que les travaux du Parlement sont suspendus ». « Cette nouvelle hausse des prix va aussi provoquer une recrudescence des trafics », a-t-il avancé.