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12 Avr 2018 | Profession
 

Le député PS Régis Juanico (voir Lmdt des 14 décembre, 1er août et 9 février 2017) a mis en garde contre « les dangers d’une privatisation » de la Française des jeux, en particulier pour les joueurs soumis au risque d’addiction, dans une tribune publiée dans Le Monde daté du mercredi 11 avril (voir Lmdt des 8, 9 et 10 avril 2018 ).

« La FDJ vend un produit dangereux. C’est pourquoi il apparaît hasardeux de vouloir modifier sans véritable réflexion ni concertation le capital de la FDJ, un acteur qui représente près de la moitié des dépenses des Français en matière de jeux d’argent et plus de la moitié des taxes que l’État prélève sur ces jeux », écrit l’élu de la Loire.

Quatrième loterie mondiale, la FDJ, dont l’État détient actuellement 72 % du capital, « rapporte à l’État 3,3 milliards d’euros de rentrées fiscales par an et représente 52 000 emplois sur l’ensemble du territoire », rappelle-t-il, en soulignant que « les joueurs – quelque 56 % des Français – jouent plus souvent et misent davantage pour des enjeux atteignant 45 milliards d’euros par an ».

Et, « en matière d’addiction, le nombre de joueurs « excessifs » reste stable depuis cinq ans (0,5 % de la population), mais le nombre de joueurs à risque modéré a été multiplié par 2,5 sur la même période : le problème concerne un million de personnes », argumente-t-il.

« Qu’en sera-t-il avec un actionnariat privé ? Que pèsera la défense du jeu « responsable » par les dirigeants de la FDJ face à la tentation des actionnaires de maximiser leurs dividendes ? », interroge ce membre de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, co-rapporteur pour l’évaluation de la régulation des jeux.

De plus, ce co-président du groupe de travail sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 s’inquiète d’un possible « désengagement » de la FDJ du financement du sport, alors qu’elle est « le premier contributeur du sport pour tous dans notre pays » actuellement, via des prélèvements sur ses jeux de loterie, de grattage et de paris sportifs.