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14 Oct 2019 | Profession
 

Alors que le planning de privatisation de la FDJ vient d’être précisé (voir Lmdt du 13 octobre), les casinos remontent au créneau en accusant, pas moins, l’opérateur d’« empiéter sur leur monopole en équipant ses points de vente de machines à sous » (voir Lmdt du 12 septembre). Ce que Bercy dément. Explications du Parisien.

« Ce projet met en danger nos entreprises. Et il se prépare avec la complicité de Bercy » s’énerve Romain Tranchant, directeur général du groupe Tranchant (voir Lmdt du 27 avril). Une vraie menace pour les casinos qui entendent défendre leur monopole sur les « bandits manchots » (machines à sous) qui génèrent 90 % de leurs recettes.

•• À l’origine de ce coup de sang, l’ordonnance sur la Régulation des Jeux présentée le 2 octobre en Conseil des ministres (voir Lmdt du 3 octobre).

Dans ce texte, « le périmètre de la FDJ empiète largement sur les jeux de casino » estiment les établissements. Le but de la manœuvre ? « Rendre la mariée plus belle avant la privatisation » avance Romain Tranchant (…) Une mise en garde relayée par l’Association des Maires de France. Il est vrai que les casinos font vivre 60 000 salariés dans 201 communes et alimentent leur budget à hauteur de près de 450 millions d’euros par an.

•• Député LREM du Calvados, Christophe Blanchet (voir Lmdt du 15 mars) a évoqué, il y a dix jours, le sujet au ministère de l’Économie. « Bercy jure que la FDJ ne fera jamais de machines à sous en dur, mais qu’en est-il de jeux en ligne accessibles via des terminaux bancaires ? Quand j’en parle, je me heurte à un mur. »

Dans le débat au Parlement sur les textes d’application de la loi de privatisation de la FDJ, le député normand, qui pointe un risque de distorsion de concurrence, annonce qu’il se battra pour un encadrement strict de ces nouveaux jeux.

•• Du côté de Bercy comme de la FDJ, on récuse le moindre projet en ce sens. Dans la loi, insiste le Gouvernement, « l’offre des jeux sous droits exclusifs de la FDJ, comme celle des casinos, font l’objet d’une définition juridique précise qui n’existait pas en droit. » En clair, il sera interdit à la FDJ de piétiner les plates-bandes des casinos.

•• « Les casinos se font peur tout seuls » confirme Régis Juanico, député PS de la Loire, auteur de plusieurs rapports parlementaires sur les jeux. « La loi a posé tous les verrous pour empêcher que la FDJ ne profite pas de la privatisation pour aller vers des jeux plus addictifs et donc plus rentables. Ce qui aurait pu, c’est vrai, être une tentation. »