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18 Nov 2019 | Profession
 

Le député socialiste Régis Juanico – auteur déjà d’un rapport fouillé sur les jeux (voir 14 décembre 2017) – est remonté au créneau pour exprimer ses réserves sur la privatisation en cours de la FDJ (voir 17 et 16 novembre) dans Les Échos (édition du 14 novembre) : « le Gouvernement brade le patrimoine national ».

Critiquant la précipitation de ce dernier « pour des raisons financières », il s’inquiète également de l’impact sur la régulation (voir 12 avril 2018) … Extraits.

•• « Pourquoi une telle précipitation ? En ce qui concerne les jeux d’argent et de hasard, le ministre Bruno Le Maire s’était engagé devant la représentation nationale, à l’occasion de l’examen de la loi Pacte, à ce que « la régulation précède la privatisation ».

« Or, l’Autorité nationale des jeux, autorité de régulation quasi unique et indépendante, que nous avons inscrite dans la loi Pacte ne verra le jour qu’au 1er janvier 2020, une fois que le projet de loi de ratification de l’ordonnance du 3 octobre 2019 aura été voté par le Parlement, soit bel et bien … après la privatisation de la FDJ (voir 3 octobre et 19 juin 2019).

•• « (…) Surtout, la FDJ n’est pas une entreprise comme les autres, le jeu n’est pas une marchandise comme les autres. En matière d’addiction, le nombre de joueurs excessifs reste stable depuis cinq ans (0,5 % de la population), mais le nombre de joueurs à risque modéré a été multiplié par 2,5 sur la même période : le problème touche plus de 1 million de personnes.

•• « Les pratiques de jeux d’argent des mineurs – soit un jeune de 15 à 17 ans sur trois en 2014 – sont essentiellement concentrées sur les jeux offerts par la FDJ.

Selon les travaux de l’Observatoire des jeux, la progression de 1 % du chiffre d’affaires de la FDJ génère a minima 1 000 joueurs pathologiques et 6 500 joueurs à risque de plus et, en conséquence, un coût social très important : chômage, divorce, dégradation de l’état de santé, surendettement, dépression, suicide …

•• « Certes, des garde-fous solides ont été établis pour maintenir un haut niveau d’exigence en matière de lutte contre le jeu pathologique ou excessif, avec un contrôle étroit de l’État sur la FDJ privatisée : les postes de direction seront soumis à agrément ministériel, un Commissaire du gouvernement sera placé auprès de la société, tout franchissement de seuil de 10 % du capital devra être approuvé par le ministère de l’Économie.

« Mais que pèsera la défense du jeu responsable, par les dirigeants de la FDJ privatisée, face à la tentation de certains actionnaires de développer une politique commerciale agressive et de maximiser leurs dividendes ? Le rôle de la future Autorité nationale des Jeux sera déterminant. »