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24 Sep 2018 | Profession
 

Un vent d’inquiétude a soufflé ces jours derniers à la Française des jeux rapporte Le Monde dans son édition datée du 22 septembre. Extraits

Soucieux de précision, les députés qui travaillent sur le projet de loi visant à privatiser la FDJ (voir Lmdt des 17 et 11 septembre) avaient proposé de mieux définir les jeux pour lesquels elle dispose d’un monopole. Au lieu du mot un peu vague de « loterie », qui peut couvrir tous les jeux d’argent et de hasard, ils souhaitaient une référence spécifique aux jeux de tirage et de grattage, les deux spécialités maison. « Laisser le terme de loterie donnerait au futur propriétaire de la FDJ le champ libre pour maximiser les occasions de jeux, et pourrait à terme poser des problèmes en matière d’addiction », juge la députée LREM, Olga Givernet.

•• Coup de stress à Boulogne-Billancourt, siège de la FDJ. Certes, chez les buralistes, les jeux de l’entreprise se répartissent bien entre les tickets à gratter, comme Cash, et ceux qui donnent une chance de tirer le bon numéro, comme le Loto. Mais sur Internet, surprise : l’essentiel des jeux proposés par la FDJ ne rentre pas dans ces deux cases.

Si les amendements étaient adoptés, il ne resterait plus que 19 jeux autorisés sur les 57 aujourd’hui exploités en ligne ! Les deux tiers devraient être arrêtés, s’alarme Stéphane Pallez, la présidente de l’entreprise, auprès du ministre de l’économie. « Cela entraverait l’activité et réduirait le prix lors de la privatisation », glisse un des partisans du projet.

•• Immédiatement, Bruno Le Maire prie les parlementaires de lâcher prise : « Je ne me permettrais pas d’être aussi insistant si la FDJ n’avait pas manifesté une réelle inquiétude », plaide-t-il. En commission, les amendements ont été retirés, jeudi 13 septembre. L’interrogation demeure : quels sont ces jeux développés par la FDJ au-delà de la déclinaison numérique de ses tickets classiques, et pour lesquels elle bénéficie néanmoins d’un monopole ? Des jeux interactifs qui mêlent une mécanique de grattage (le fait que le ticket soit gagnant ou non est prédéterminé) et une seconde chance au tirage, répond l’entreprise. Illiko Action ou Super Jackpot, par exemple. Ils sont parfaitement légaux, précise la direction.

Mme Givernet reste dubitative. « Pour y voir clair, j’ai mis 100 euros, et j’ai joué, raconte-t-elle. On découvre ainsi des jeux qui s’apparentent un peu à des machines à sous en ligne, alors qu’elles sont interdites en France. Le sujet mérite débat. »

•• Les entreprises de jeux d’argent n’attendent qu’un débat de ce type pour s’engouffrer dans la brèche, et obtenir l’autorisation des casinos sur Internet. Surtout si la FDJ montre l’exemple. « Entre 800 000 et 1 million de Français jouent déjà sur des machines à sous en ligne, grâce à des sites interdits mais néanmoins accessibles, argumente Emmanuel de Rohan-Chabot, président de l’association professionnelle Afjel.

•• La FDJ, elle, assure que ses jeux en ligne n’ont rien à voir avec des machines à sous. « Dans nos jeux de grattage, les joueurs récupèrent au maximum 70 % de leur mise », souligne l’entreprise. « C’est beaucoup moins que dans les casinos. »