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17 Sep 2018 | Profession
 

La privatisation de la FDJ (Française des Jeux) arrive sur les bancs de l’Assemblée nationale, ces jours-ci, dans le cadre de la loi Pacte (voir Lmdt du 8 septembre).

Matthieu Pechberty (BFM Business) dresse, ce jour, la liste de certains prétendants : au premier rang, Stéphane Courbit (Betclic) et M6. Extraits.

•• Les représentants des opérateurs de jeux en ligne, tels que Betclic ou Unibet, ont en effet rendu visite aux députés de la majorité pour s’enquérir des projets gouvernementaux. « Les acteurs du secteur veulent savoir comment va évoluer la législation, notamment pour proposer de nouveaux jeux en ligne qui leur sont aujourd’hui interdits », explique Olga Givernet, députée La République en Marche, qui suit la privatisation. L’opération sera accompagnée d’une évolution de la régulation (voir Lmdt de ce jour).

•• Il est vrai que des industriels s’intéressent au sujet depuis plusieurs années. Et le premier d’entre eux est Stéphane Courbit (photo), propriétaire des jeux en ligne Betclic.

Selon plusieurs sources, il a multiplié les contacts auprès des différents acteurs du dossier, ces derniers mois. D’abord, les parlementaires. Mais aussi les buralistes, le premier partenaire de la FDJ. « Il cherche à connaitre les intentions des uns et des autres pour se positionner ensuite » explique une source.

Dans son entourage, on confirme que Stéphane Courbit « s’intéresse aux conséquences de la privatisation sur le secteur des jeux, notamment la fiscalité et la régulation », poursuit Matthieu Pechberty.

•• Mais pas seulement : « sa préoccupation est clairement de devenir actionnaire de FDJ », tranche un homme d’affaires qui le connait bien. Une option consisterait à le voir prendre symboliquement quelques petits pourcentages du capital de FDJ.

« Dans un deuxième temps, il souhaiterait apporter Betclic à la FDJ en échange d’une part importante au capital » détaille un autre proche de l’homme d’affaires. Betclic serait valorisé entre 400 et 500 millions d’euros, ce qui pourrait peser environ 15 % de l’entreprise. Stéphane Courbit aurait récemment rencontré Stéphane Pallez explique encore une source.

Un tel scénario aurait aussi un intérêt pour la FDJ. L’entreprise reste faible sur les jeux en ligne, un secteur qui croît de plus de 10 % par an. « D’ici deux ans, l’entreprise devra complètement investir sur le numérique » souligne un bon connaisseur du dossier.

•• Mais il est aussi possible que l’opérateur préfère que des industriels du monde de la communication et des médias s’intéressent à devenir partenaire.

Pour le moment, seule la chaine M6 a aussi regardé le dossier, expliquent plusieurs sources du groupe de télévision et de la FDJ. Contactée, la chaine n’a pas souhaité faire de commentaires. L’idée serait de « monétiser cet investissement avec de l’espace publicitaire ou de créer des petites émissions autour des jeux » selon un bon connaisseur de M6. Son président, Nicolas de Tavernost, n’aurait pourtant pas été totalement séduit par le dossier.

De son côté, son rival TF1 ne l’a jamais été. Vivendi, propriétaire de Canal+, a réitéré qu’il n’était pas intéressé par un tel investissement. Quant à l’opérateur télécom Orange – dont certains au sein de l’État l’auraient bien vu investir dans FDJ – il n’a « aucune volonté de prendre une part dans la FDJ ».