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8 Juin 2020 | Profession
 

Isabelle Falque-Pierrotin, qui va prendre la tête de la nouvelle Autorité nationale des jeux (ANJ), a insisté, ce mercredi, sur « l’indépendance » de la structure, alors que les jeux de loterie et de grattage comme les courses hippiques étaient jusqu’alors sous la tutelle de ministères (voir 3 octobre et 18 novembre 2019).

•• La nomination à la tête de l’ANJ de Mme Falque-Pierrotin, qui a présidé de 2011 à 2019 la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), a été proposée par Emmanuel Macron.

Cette conseillère d’État de 60 ans a été auditionnée mercredi par les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui ont voté en faveur de sa nomination, dont l’officialisation devrait intervenir d’ici quelques jours via décret.

•• L’ANJ a été créée à la suite de la privatisation en novembre 2019 de la Française des Jeux. Jusqu’à présent, seuls les jeux en ligne dépendaient d’une autorité indépendante, l’Arjel, qui régulait environ 12 % des jeux autorisés.

La nouvelle autorité va reprendre les prérogatives de l’Arjel en les élargissant aux courses hippiques, jeux de grattage et de loterie, et paris sportifs – qui étaient placés sous la tutelle de plusieurs ministères. Elle disposera, de plus, d’un pouvoir de sanction économique.

•• « Aux côtés de l’ANJ, au moins cinq ministères resteront partiellement compétents : Intérieur, Budget, Agriculture, Santé, Sports. Il faudra coopérer avec eux » : mais si des représentants des ministères siègent dans les commissions permanentes de la nouvelle autorité, il y aura un « changement de culture », a souligné Isabelle Falque-Pierrotin en audition.

« Il va bien falloir faire comprendre aux ministères qu’on a changé d’univers et qu’ils ont désormais face à eux une autorité administrative indépendante, qui doit définir une stratégie, des moyens opérationnels, des orientations. Et peut-être que dans certains cas, ce ne sera pas exactement celles qui auraient pu être prises auparavant par un ministère ou un autre » a-t-elle mis en avant.

•• Elle a affirmé que l’ANJ aurait pour objectif « d’animer le secteur de façon souple et ferme », estimant que « le régulateur ne doit pas être seulement un gendarme ».

Parmi les dossiers prioritaires, l’addiction des joueurs, « un enjeu absolument central » dont « la prise de conscience en amont est fondamentale » a tenu à souligner Mme Falque-Pierrotin.

Elle estime également que « le développement économique » du secteur des jeux « sera d’autant plus robuste qu’il intégrera en amont la lutte contre les addictions et le blanchiment ».

•• Seuls les casinos ont été exclus du périmètre de l’ANJ et restent sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.