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18 Avr 2018 | Profession
 

La Française des Jeux (FDJ) a connu une nouvelle année de croissance en 2017, tirant les bénéfices de son plan de transformation lancé il y a trois ans, une bonne nouvelle pour l’État qui envisage de privatiser le groupe, annonce l’AFP.

La FDJ a enregistré un bénéfice net en hausse de 2,8 % à 181 millions d’euros l’an dernier, contre 176 millions d’euros un an plus tôt, a annoncé lors d’une conférence de presse Stéphane Pallez, PDG du groupe détenu par l’État à hauteur de 72 %.

« Nous sommes sur une année positive (…) qui confirme un modèle de croissance » des principaux indicateurs de rentabilité grâce au projet stratégique FDJ 2020, a-t-elle ajouté.

•• Les ventes (c’est-à-dire les mises des joueurs), déjà publiées fin janvier, ont atteint 15,1 milliards d’euros (+ 5,7 %). Le produit brut des jeux (différence entre les ventes et les gains) s’affiche pour sa part en progression de 5 % à 5 milliards d’euros (voir Lmdt du 25 janvier).

Le bénéfice opérationnel a nettement progressé, de 6,1 % à 258 millions d’euros, tout comme l’excédent brut d’exploitation (+ 5,3 % à 316 millions d’euros).

•• La FDJ, qui détient le monopole en France sur le Loto et les jeux à gratter, est engagée depuis 2015 dans un plan de transformation sur cinq ans. Celui-ci vise notamment à l’orienter davantage sur le numérique et comprend un investissement de 500 millions d’euros, reprend l’AFP.

À mi-parcours de ce plan stratégique, près de 300 millions d’euros ont été investis et les mises numérisées (qui s’élèvent à 1,7 milliard d’euros) sont 3,5 fois plus importantes qu’il y a trois ans. Le groupe n’a pas fait état d’objectifs pour l’exercice en cours mais a confirmé son objectif d’atteindre 20% de ventes numérisées à l’horizon 2020.

•• L’opérateur de jeux reste suspendu au projet de privatisation prévu par l’État, qui envisage de céder une partie de son capital, afin d’alimenter un nouveau fonds dédié à l’innovation (voir Lmdt des 9 et 10 avril).

« Aucune décision n’est prise et donc annoncée », a relevé Mme Pallez. « C’est une décision qui appartient à l’État et qui fait partie d’un processus de revue de ses actifs (…) Nous attendons de savoir dans quelle mesure cela pourrait ou pas nous concerner », a-t-elle poursuivi.

« L’entreprise peut continuer à se développer tout en changeant d’actionnaire », a-t-elle encore dit, ajoutant que « c’est vraiment le choix de l’actionnaire principal de voir s’il a, dans le cadre d’une stratégie plus globale, besoin de détenir 72 % du capital pour s’assurer une capacité de contrôle sur la FDJ » (voir Lmdt du 26 janvier).

•• Début mars, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait indiqué que le gouvernement réfléchissait « à l’ouverture du capital de la FDJ tout en gardant le monopole » (voir Lmdt du 9 mars).

Cette opération s’annonce toutefois compliquée sur le plan politique, l’entreprise bénéficiant d’un monopole de droit sur les jeux de loterie et les jeux à gratter, secteur jugé sensible par l’exécutif.

•• Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a assuré début avril qu’une nouvelle autorité de régulation aura pour mission d’éviter « un développement excessif des jeux en France », et confirmé que l’État conserverait le « monopole » du secteur, conclut l’AFP (voir Lmdt du 5 avril).