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10 Juil 2017 | Profession
 

Christian Eckert a créé son blog. L’ancien ministre et député y propose ses réflexions et analyses de la vie publique. Il y montre qu’il a gardé souffle et punch. 

Les spéculations actuelles autour de la vente par l’État de 10 milliards d’actifs le font revenir sur l’hypothèse de la privatisation de la FDJ (voir Lmdt des 9 mai et 22 juin). Avec quelques souvenirs à la clé. 

(Extrait de son article « Pour l’État, les soldes pourraient commencer »).

•• « Quand j’entends dire que la situation des finances publiques conduirait l’État à céder des participations, je crains que ce ne soit là un prétexte pour céder à « quelques amis » des parts de sociétés … Si cela améliore la trésorerie de l’État (qui n’est pas un problème compte tenu des taux négatifs !), diminue – en fait très peu – la dette publique, cela ne diminuera en rien le déficit de la France du point de vue de la Commission.

•• « Un exemple me vient à l’esprit : il y a un peu plus de deux ans, le Ministre de l’Économie de l’époque (chacun l’aura identifié …) poussait à la vente d’une société possédée presque en totalité par l’État : la Française des Jeux (FDJ). Pour bien comprendre : la FDJ gagne peu d’argent, et ne vaut donc pas très cher. L’essentiel de l’argent qui alimente les caisses de l’État vient des taxes perçues sur les mises : plus de 3 milliards d’euros. Cet argent est versé à l’État en amont des recettes de la FDJ.

Celle-ci ne gagne donc que quelques dizaines de millions d’euros, qu’elle reverse d’ailleurs en impôts et en dividendes. L’État touche donc plus de 3 milliards de recettes maastrichtiennes. Vendre la FDJ rapporterait une seule fois une recette exceptionnelle de quelques centaines de millions, mais priverait l’État de sa capacité à imposer toutes les règles de prévention à l’addiction, de lutte contre le blanchiment, d’interdiction de jeu pour les mineurs …

•• « Certains pervers (si vous insistez je dirai qui …) avaient même imaginé diminuer les taxes sur les enjeux, pour maximiser les profits de la société et décupler sa valeur boursière … Beaucoup moins de recettes maastrichtiennes, un beau coup de bourse « one shot » et quelques intérêts privés gavés en toute discrétion ! Toute ressemblance avec les sociétés d’autoroute serait purement fortuite !

•• « Un modeste Secrétaire d’État s’était opposé à cela. Son Premier Ministre de l’époque, après avoir entendu les arguments des « différents étages » de Bercy, a arbitré en faveur du statu quo … Ce fut, en toute modestie, une de mes satisfactions pendant ces trois années à Bercy.

•• « La théâtralisation de l’audit de la Cour, certains propos de membres du Gouvernement et mon esprit soupçonneux, me laissent à penser que, pour la FDJ ou pour d’autres, les grandes manœuvres ont commencé. J’espère avoir tort ! ».