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25 Juil 2019 | Profession
 

Gérald Darmanin, a annoncé que les contribuables pourraient bientôt payer leurs impôts chez leur buraliste (voir Lmdt des 23, 24 et 25 juillet).

Un service qui s’ajoute à une liste de prestations qui a largement dépassé le simple triptyque « loto-presse-tabac » constate Le Figaro.fr, dans la même veine que son confrère Le Parisien (voir Lmdt de ce jour).

Extraits …

Les impôts ne sont pas les premiers produits au compte de l’État que les buralistes proposent. Car en signant son contrat de gérance, le buraliste devient un « préposé de l’administration », ce qui lui permet de vendre du tabac et des produits fiscaux pour le compte de l’État. Ce fut le cas des vignettes automobiles jusqu’en 2000.

•• De même, en accord avec l’Association des Maires de France, des buralistes fournissent des formulaires de passeport, de carte d’identité, de demande d’état civil … dont l’obtention est facilitée par des horaires d’ouverture bien plus étendus que ceux d’une mairie de village, assure le journal.

•• Ce mouvement accompagne la lente dématérialisation des services de l’État, particulièrement en zone rurale (…) Si Emmanuel Macron a promis de porter à 2 000 le nombre de Maisons de Services au Public (qui sont actuellement 1 340), toilettées pour l’occasion en « maisons de France », le bureau de tabac monte également en grade.

Signe que la tendance se renforce, la SNCF a prévu de permettre aux buralistes de vendre des billets de train et de TER pour contrebalancer la fermeture de gares, et donc de guichets, dans les zones rurales.

•• De fait, la diversification des activités des buralistes est nécessaire pour assurer la survie d’un réseau affecté par les baisses de vente de cigarettes. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la profession propose bien plus que le triptyque loto-presse-tabac. On peut aussi bien acheter ses yaourts qu’un téléphone portable reconditionné ou des cartes postales en même temps qu’un jambon beurre.

En centre-ville de petites agglomérations et en zone rurale, l’offre des buralistes s’est considérablement étoffée ces dernières années : bar-restaurant, épiceries en indépendant ou sous de grandes enseignes, dépôt pain, relais poste, cordonnerie, réparation de vélos, location de scooters, ouverture de comptes en banque en ligne …

•• Certains en profitent pour cultiver leur passion. « Un de mes collègues dans l’Oise vend des bières d’abbaye, un autre en Corrèze s’improvise caviste » illustre Bernard Gasq (président de fédération Ile-de-France/ Seine-Maritime/Oise et la Douane et administrateur de la Confédération). Un autre encore a jeté son dévolu sur les pompes funèbres.

•• « Pas de salut sans diversification », résume Thierry Lefebvre, président de la fédération des buralistes d’Alsace-Moselle qui s’est spécialisé dans la cigarette électronique. La chute libre des ventes de tabac est la principale responsable de cette reconversion à marche forcée.

« J’ai perdu 80% de mon volume de ventes de tabac en 15 ans » explique le buraliste, « alors qu’elles attiraient 50 % de ma clientèle. »

•• Concentrer certains services de l’État pourrait attirer une clientèle nouvelle et plus régulière pour l’amener à consommer. « Nous sommes avant tout des commerçants », martèle Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes. D’autres initiatives, privées et publiques, comme développer l’offre de snacking et opérer la mutation des cartes grises, sont dans les tuyaux, conclut Le Figaro.