Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
23 Nov 2019 | E-cigarette, International
 

« C’est un sujet très complexe, je suis là pour écouter ». Donald Trump a animé, vendredi 22 novembre, à la Maison Blanche un débat vif et passionné sur le vapotage et l’impact des versions aromatisées des e-cigarettes sur les jeunes, rapporte l’AFP.

Il y a dix jours, il a annoncé qu’il entendait rencontrer tous les acteurs afin de trouver « une solution acceptable ». « La santé et la sécurité des enfants, avec les emplois, seront les priorités » avait-il alors tweeté, très prudent (voir 19 et 12 novembre, 14 septembre).

•• Vendredi, Donald Trump n’a pas pris position mais animé avec énergie, pendant plus d’une d’une heure, un débat sur ce thème, bombardant les gens autour de la table de questions et assistant à des échanges parfois houleux.

« Quelle est votre solution ? » « Que feriez-vous ? » « Que pensez-vous du menthol ? » « Diriez-vous que c’est un problème moins grave que la cigarette ? » « Est-ce que vous pensez que cela aider les gens à arrêter la cigarette ? » « Combien d’enfants continueront à les utiliser si nous supprimons les versions aromatisées ? ». « Ajouteront-ils eux-mêmes des arômes ? ». « Beaucoup de gens veulent garder le parfum menthol, supprimer les autres mais garder le menthol, qu’en pensez-vous ? ».

•• Nombre d’associations anti-tabac et l’American Cancer Society ont demandé au président de tout simplement s’en tenir à sa proposition initiale et d’interdire tous les arômes.

Prudent sur ce front, le président américain a en revanche estimé qu’il serait logique de fixer à 21 ans l’âge minimum pour acheter des cigarettes électroniques (aujourd’hui seuls 18 des 50 états ont cet âge plancher).

•• Donald Trump a montré un intérêt particulier pour Juul, le leader des cigarettes électroniques aux États-Unis, qui a cessé de vendre ses recharges aromatisées à la mangue ou à la menthe, très prisées des lycéens, mais défend le menthol, un goût connu des fumeurs. « Vous êtes le patron de Juul, qu’avez-vous à dire ? Pourquoi avez-vous retiré les produits aromatisés ? Vous pensez qu’ils sont fondamentalement dangereux ? ».

•• À plusieurs reprises, le président, visiblement sensible à certains des arguments de l’industrie du tabac, a mis en avant celui selon lequel une interdiction des versions aromatisées entraînerait l’arrivée de produits de contrebande de moins bonne qualité.

Des recharges au cannabis vendues sur le marché noir sont d’ailleurs à l’origine de l’épidémie de maladies pulmonaires graves qui a fait plus de 200 malades et 47 morts depuis l’été aux États-Unis, une crise de santé publique venue se greffer sur le débat sur le vapotage et les jeunes (voir 9 novembre).

« Un des problèmes que je vois est que si vous ne les mettez pas en vente, ces produits vont entrer aux États-Unis illégalement » a-t-il lancé, rappelant les effets collatéraux de la prohibition. « Quelqu’un va ouvrir une usine en Chine et envoyer des produits ».

•• Le sénateur Mitt Romney, l’une des rares voix critiques du président au sein du parti républicain, était assis à la droite de ce dernier. Il s’est prononcé très clairement en faveur de l’interdiction des produits parfumés telle qu’évoquée il y a deux mois par le locataire de la Maison Blanche.

« C’est une urgence sanitaire » a-t-il martelé. « Les enfants doivent être la priorité » a-t-il asséné lors d’un échange houleux avec les représentants de l’industrie.