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31 Oct 2019 | E-cigarette, International
 

Juul, qui doit déjà composer avec les inquiétudes du Gouvernement américain et procède à un plan de restructuration (voir Lmdt du 29 octobre) fait désormais l’objet d’une plainte de l’un de ses anciens collaborateurs. Il ne manquait que cela.  

La plainte a été déposée ce mardi 29 octobre par un ancien cadre de l’entreprise, Siddharth Breja, qui assure que la marque aurait vendu plus d’un million de recharges impropres à la consommation, selon Business Insider, repris notamment par l’AFP. 

•• Il raconte avoir l’alertée plusieurs fois sur la qualité douteuse des recharges. Ses supérieurs auraient choisi d’ignorer ses mises en garde. Selon lui, l’ex CEO Kevin Burns — remplacé fin septembre — aurait même avancé que, puisque « la moitié des clients vapotent quand ils ont trop bu », personne ne remarquerait la différence (sic).

•• La plainte, déposée auprès d’une cour californienne, précise qu’il s’agit « des recharges à la nicotine goût menthe », toujours d’après Business Insider, qui a pu consulter le document. Siddharth Breja s’en serait rendu compte en consultant un document interne en février, dans lequel des employés de Juul indiquaient vouloir remettre en vente des recharges vieilles d’un an. Il aurait alors invité l’équipe à y renoncer, puis a proposé d’ajouter au moins une date d’expiration sur ces produits, ce qui n’a pas été fait.

En mars, il aurait ensuite découvert que certains composants (en l’occurrence, le liquide donnant au produit son goût mentholé) utilisés avaient été contaminés. Cela concernerait 250 000 kits de recharge, soit un million de recharges. Elles auraient été vendues malgré les risques. À la demande de ses supérieurs, Siddharth Breja aurait dû entamer une action en justice contre le fournisseur, qui a supposément vendu à Juul des recharges avariées.

•• Siddharth Breja a été renvoyé peu de temps après, pour des motifs qu’il estime douteux (mauvaise gestion managériale, mauvais résultats, etc.). Son avocat évoque « de faux prétextes ».

•• Juul a rejeté des accusations « sans fondement ». Un porte-parole a déclaré dans un communiqué que M. Breja avait été licencié « parce qu’il n’avait pas les qualités de leadership nécessaires pour son poste ». « Nous avons enquêté sur le problème sous-jacent de fabrication et avons conclu que le produit remplissait tous les critères applicables » a-t-il déclaré.