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Les produits Juul n’ont pas été spécifiquement incriminés dans l’épidémie de maladies pulmonaires des États-Unis, mais les résultats de la compagnie sont d’ores et déjà affectés par la crise du vapotage (voir Lmdt des 11 et 4 octobre), annonce Le Monde. Extraits …

« Selon une étude de Nielsen publiée le 1er octobre, le rythme de croissance des ventes a ralenti : la hausse a atteint 31 % entre fin août et fin septembre, contre une progression de 56 % pendant les douze semaines précédentes. Juul Labs avait réalisé 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018, une année faste où elle a bénéficié d’un investissement de 13 milliards de dollars du groupe Altria (voir Lmdt du 20 décembre).

•• « Ébranlée par ce qui est devenu une crise de santé publique d’ampleur internationale, Juul a choisi de faire profil bas. Non seulement elle a mis fin à sa campagne contre le moratoire de San Francisco (voir Lmdt du 2 octobre), mais aussi à son activité de lobbying à Washington (elle y avait consacré 1 million de dollars pour le seul troisième trimestre).

•• « Juul est aussi confrontée à l’intention de l’administration Trump d’interdire les produits pour cigarette électronique parfumés (mangue, concombre, menthe…), son produit phare. Celles-ci, particulièrement appréciées par les adolescents, représentaient en 2018 quelque 80 % de ses ventes.

Elles ont assuré le succès de la compagnie, grâce à un marketing sur les réseaux sociaux qui est aujourd’hui visé par une enquête de la FDA. Les autorités reprochent à Juul d’avoir minimisé le danger d’addiction, tout en augmentant la quantité de nicotine pour rester leader sur marché, cela tout en prétendant être un outil de sevrage pour les fumeurs adultes …

•• « Un engouement tel dans les lycées américains que certains établissements ont supprimé les portes des toilettes pour empêcher les vapoteurs d’aller s’y réfugier.

Lundi 7 octobre, trois districts scolaires du Missouri, du Kansas et du New Jersey ont annoncé qu’ils entamaient des poursuites contre la compagnie. Ils l’accusent de cibler les jeunes, laissant les écoles supporter le coût du maintien de la discipline et des aides à la désintoxication. Selon l’étude du National Youth Tobacco Survey, publiée en septembre, 27,5 % des lycéens ont indiqué avoir utilisé la cigarette électronique dans les 30 jours précédents. Ils étaient 20,8 % en 2018.

•• « Face à cette fronde, Juul a annoncé le 25 septembre le départ de son PDG, Kevin Burns, et son remplacement par un cadre d’Altria, K. C Crosthwaite (voir Lmdt du 25 septembre). Le changement a été vu, à San Francisco, comme une modification dans les priorités de la compagnie, celle-ci étant contrainte de se concentrer sur la réglementation, un domaine bien connu de l’industrie du tabac.

•• « À long terme, les analystes s’interrogent sur sa capacité à survivre si elle perd le marché des jeunes, du buzz et des réseaux sociaux. Dans l’immédiat, Juul n’aura pas trop de six mois pour faire preuve de sa nouvelle vertu. En mai, elle devra présenter une demande d’autorisation à la FDA, comme tous les fabricants d’e-cigarettes : depuis sa création en 2015, Juul opére sans avoir jamais obtenu d’agrément des autorités sanitaires américaines (…)

« La FDA, qui n’avait pas l’intention de passer en revue le secteur des cigarettes électroniques avant 2022 – et qui a laissé les compagnies mettre sans attendre leurs produits sur le marché – a revu ses priorités devant le tollé des parents, des éducateurs et des acteurs du combat des années 1980 contre l’industrie du tabac. »