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Alors que de nombreuses études faisaient état de perspectives commerciales mirobolantes et de rentrées fiscales en conséquence, l’impact positif de la légalisation du cannabis en Californie est plus limité que prévu (voir Lmdt du 6 janvier 2018). 

Selon un rapport du cabinet BDS Analytics (spécialisé dans les études sur le marché du cannabis), les Californiens ont dépensé, l’année passée, 2,5 milliards de dollars pour se procurer légalement du cannabis … contre 3 milliards en 2017, année où seul le cannabis thérapeutique était déjà autorisé.

•• Conséquence : les recettes fiscales, tirées de la vente de cannabis, sont bien en-deçà de celles espérées. Estimées à 643 millions de dollars pour la première année, seules 345 millions de dollars en taxes sont entrées dans les caisses de l’état du fait du cannabis récréatif.

•• Le problème semble cantonné à la Californie, le plus grand état américain avec ses 40 millions d’habitants.

Dans le Colorado, les ventes ont plus que doublé depuis la légalisation en 2014 et ont atteint 1,55 milliard de dollars en 2018 (voir Lmdt du 23 juin 2016). Dans l’état de Washington, les ventes dans le commerce spécialisé sont passées de 31 millions de dollars en 2014 à 927 millions en 2017. Et les taxes de 16 millions à 341 millions.

•• Selon le California Cannabis Committee, l’échec de cette période initiale de la légalisation s’expliquerait par une régulation trop contraignante. En légalisant le cannabis, les règles d’attribution des licences de production et de vente se sont compliquées parce que trop de pouvoirs ont été laissés, en la matière, aux villes. Actuellement, à peine une ville californienne sur trois autorise, en fait, les entreprises liées au cannabis sur leur territoire.

Par ailleurs, le cannabis légal serait trop cher … du fait des taxes. Au cumul, elles représentent en Californie 35 % du prix final du produit sur l’ensemble de la filière contre 23 % seulement dans l’état de Washington.

•• Pas assez de magasins autorisés, des taxes trop élevées … et donc un marché noir qui n’a pas vraiment souffert de la légalisation. « Le marché illicite nous dépasse, en taille, de cinq fois », assure, à Bloomberg, Kenny Morrison, le président de la California Cannabis Manufacturers Association.

« Vous pouvez aller dans une ville au hasard et trouver quatre magasins légaux et 20 vendeurs illégaux. Et ces quatre magasins légaux facturent deux fois à trois fois le prix pratiqué par les vendeurs illégaux. »