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8 Mar 2020 | Observatoire
 

L’odeur et les traces de tabac froid – présentes, par exemple, sur les mains ou les vêtements de fumeurs qui occupent une pièce – présenteraient de sérieux risques pour la santé des non-fumeurs présents.

Tel est le constat – qui se veut alarmant – d’une étude de l’université de Yale, conjointement menée par des chercheurs américains et allemands (publiée, ce 4 mars, dans la revue Science Advances).

•• Ce que l’on appelle désormais  « la fumée tertiaire » (ou tabagisme ultra-passif ou thirdhand smoking) provient » de la contamination directe à la fumée du tabac de surfaces (par exemple, le corps et les vêtements des fumeurs, le mobilier, les surfaces intérieures et les matériaux de construction de lieux où l’on a fumé ) et repose donc sur des composés organiques dangereux provenant de la combustion du tabac » expliquent les chercheurs.

Sachant que ces composés organiques volatils finissent par s’évaporer et contaminer autrement.

•• Pour mesurer la génotoxicité, la cancérogénicité et le stress oxydatif éventuels de ces substances volatiles, les chercheurs ont disposé un appareil de prélèvement dans les conduits d’évacuation d’un cinéma allemand où il est interdit de fumer depuis 15 ans.

L’expérience a été menée pendant 4 jours et a démontré que les niveaux de 35 substances chimiques liées au tabagisme (parmi lesquelles des composés cancérigènes comme le benzène et le formaldéhyde) ont augmenté lorsque des spectateurs entraient dans le cinéma. Il devait y avoir donc des fumeurs parmi ces spectateurs et l’exposition de leurs voisins non-fumeurs, à ces substances toxiques, équivaut à du tabagisme ultra-passif.

•• « La fumée tertiaire présente des risques pour la santé des non-fumeurs, en particulier pour celle des nourrissons et des enfants, qui représentent des populations particulièrement vulnérables » insistent les chercheurs. « Si l’expérience a été menée dans un cinéma, ces résultats pourraient avoir été obtenus dans une crèche, une école, ou dans la salle d’attente d’un médecin où les personnels et autres personnes présentes sont fumeurs ».

•• En revanche, l’étude ne permet pas de déterminer le niveau précis de risques sanitaires que ce tabagisme ultra-passif présente pour les individus. Cela pourrait dépendre d’une variété de facteurs, notamment la fréquence de l’exposition aux produits chimiques et la proximité des personnes de la source d’émission de ces polluants. Cela vaut la peine de le rappeler (ndlr).