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12 Mar 2016 | International, Trafic
 

Espagne Trafic Tabac à roulerPendant que les députés européens refusent le soutien financier (suspect, forcément) de grands fabricants pour lutter contre la contrebande (voir Lmdt du 9 mars), la vraie vie continue …

L’Espagne pouvait revendiquer le record de la plus grosse saisie de tabac à rouler jamais réalisée, ces dernières années, au sein de l’Union européenne : 41 tonnes d’un coup l’automne dernier (voir Lmdt du 28 novembre).

Elle garde le trophée. Car ce vendredi 11 mars, la Guardia Civil et l’administration fiscale ont annoncé la saisie de pas moins de 88 tonnes de tabac à rouler de contrebande et l’arrestation de 6 personnes. Dans le cadre de l’opération « Picado 2 », car très vite les enquêteurs se sont aperçus qu’ils tombaient sur une extension de la bande qui avait été démantelée en fin d’année dernière.

Tout est parti de l’alerte de l’association des buralistes de Jaen (en Andalousie, région particulièrement frappée par le phénomène du marché parallèle / voir Lmdt du 29 février 2016) dont les membres ont constaté, cet hiver, une brusque chute de leurs ventes de tabac.

Les enquêteurs sont rapidement tombés, localement, sur un trafic de sacs plastiques contenant des cigarettes en vrac qui manifestement avaient été tubées. Et de remonter toute une filière. Le mercredi 2 mars, deux entrepôts sont perquisitionnés : à Santiago de Pontones, près de Jaen, et à Linares. Pour y découvrir 580 kilos et 1 tonne 490 kilos de tabac. Le jeudi 3 mars, trois ateliers appartenant à une entreprise agricole sont visités dans la région d’Almeria, 200 kilomètres plus au sud, à Benahadux et à Huércal de Almeria, plus exactement : 86 tonnes de tabac les attendaient.

Le mode opératoire était sophistiqué : l’entreprise agricole importait des feuilles de tabac de Pologne, d’Estonie et de Bulgarie, officiellement pour les utiliser dans la composition de produits phytosanitaires.

En fait, ces feuilles étaient traitées de sorte à les transformer en tabac à rouler ou à tuber, à travers un réseau de petits ateliers. Les enquêteurs ont saisi en tout 20 machines et un stock de produits destinés à faire la sauce ou à aromatiser le tabac.

Celui-ci était ensuite livré à des revendeurs ou directement à des particuliers de toute l’Espagne qui recevaient des colis par la poste ou des messageries. Ces mêmes clients passant leurs commandes sur un site Internet dont le serveur est basé en France.

À suivre.