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26 Juin 2017 | International, Trafic
 

Après une chute sensible, à partir de 2014, des importations de tabac à Gibraltar (50 millions de paquets de cigarettes), les volumes livrés sur place devraient atteindre 120 millions de paquets en 2017.

Ces chiffres ont été dévoilés par le délégué général de la douane espagnole, à Cádiz, ce jeudi 22 juin, lors de la « journée technique », organisée chaque année par le groupe Joly (propriétaire de plusieurs quotidiens andalous comme le Diario de Sevilla) en collaboration avec Altadis (filiale d’Imperial Tobacco en Espagne).

La réunion avait pour thème « le futur de de la lutte contre la contrebande de tabac » (voir aussi Lmdt du 27 avril 2015).

•• Selon le délégué de la douane, Ignacio Martínez, ce futur doit passer par une nouvelle dénonciation, auprès de l’Union européenne, de cette hausse des approvisionnements sur « le Rocher », comme cela avait été le cas en 2014, quand l’Espagne avait signalé à l’OLAF (Office européen de Lutte anti-Fraude) que le tabac importé à Gibraltar ne correspondait ni aux besoins de la population locale, ni même aux flux touristiques.

« Nous sommes en train de revenir aux anciennes méthodes que nous pensions avoir maîtrisées. 5,2 millions de paquets ont été saisis l’an passé. Mais je crois que le problème n’est pas là. Après avoir analysé tous les moteurs de la contrebande – de l’image romantique des contrebandiers à la crise, en passant par le trop de fiscalité – nous sommes désormais convaincus que le facteur principal de la contrebande est le stock – et le stockage – excessif de tabac à Gibraltar » a-t-il déclaré.

« Nous allons continuer à faire tout ce que nous pouvons dans la lutte contre la contrebande de tabac. Mais, les dernières années, sont arrivés plus de 500 millions de paquets de cigarettes à Gibraltar. Et contre cela nous ne pouvons pas lutter » a-t-il poursuivi. Tout en estimant que les récentes décisions de plusieurs fabricants importants représentent une avancée vers la solution (voir Lmdt du 25 mai 2017).

•• Rocío Martinez, directrice des Affaires Publiques et Juridiques d’Altadis, a regretté que trois « parties prenantes » ne soient  pas suffisamment impliquées dans la lutte contre la contrebande : la Santé qui est « en déconnection absolue » avec le problème, « alors que ce tabac est hors de contrôle » ; des fabricants « dont certains n’ont pas appliqué ce que nous pensions devoir être fait » ; certains planteurs  « qui voient une opportunité de ressource supplémentaire avec leurs excédents de déchets écoulés dans la contrebande du tabac à rouler ».

•• « Cela fait six ans que nous subissons cette plaie et on ne peut pas parler de vague temporaire.  La contrebande de tabac s’est durablement installée en Andalousie et en particulier dans la région de Cádiz » a fait remarquer le président des Estanqueros (buralistes) de la province, Salvador Vera (voir Lmdt du 30 décembre 2015). « En 2009, 89 millions de paquets ont été vendus dans le réseau officiel, 38 millions en 2016. Tout ce que nous avons regagné (un peu plus de 5 %) l’an dernier, nous venons de le perdre en quelques mois (-5,8 %) ».

« Le marché illégal est en train de se perfectionner, en prenant particulièrement soin de la demande du consommateur, en offrant une gamme de produits de plus en plus large, avec des points de vente un peu partout, y compris en envoyant le tabac au domicile de l’acheteur par livraison express ».

•• Les responsables des forces de police ont fait remarquer qu’il était plus facile de lutter contre un point de vente de drogue au détail que de contrebande de tabac, les moyens disponibles pour le faire étant plus limités. Et qu’actuellement, les interventions – dans la rue, les petits commerces – s’avéraient plus productives que les grandes opérations. Avec plus d’impact sur la population.

•• Dernière précision donnée lors de cette « journée technique ».  Il n’y a pas que Gibraltar … Actuellement, la contrebande de tabac en Andalousie vient d’Afrique et entre aussi par conteneurs dans les ports, en provenance des Émirats Arabes.